Peut-on vraiment observer des dauphins et des baleines tout près de nos côtes ?

C’est la question que tout le monde nous pose mais oui, bien sûr ! Il suffit de savoir où les chercher. Pour observer des mammifères marins, on n’a pas forcément besoin d’aller très loin. Ce n’est pas la distance qui compte, mais la profondeur. C’est elle qui va déterminer l’habitat dans lequel on se trouve et les espèces qui y vivent. En gros, il y a trois grands habitats au large. D’abord, le plateau continental, la zone que fréquentent la plupart des plaisanciers et les plongeurs, qui part en pente douce de 0 à 100 mètres. Il se trouve que dans les Pyrénées-Orientales, une espèce de mammifère marin fréquente de façon régulière le plateau continental, relativement long à cet endroit : le grand dauphin. C’est d’ailleurs le cœur de la population de grands dauphins en France.

Ensuite, il y a les canyons sous-marins, les zones de prédilection du cachalot ou du dauphin de Risso par exemple. Et enfin, la plaine abyssale, avec des profondeurs de 2 000 à 2 500 mètres. Là, on est vraiment dans le domaine du dauphin bleu et blanc, l’espèce de dauphin la plus abondante, et celui du rorqual commun, la baleine que l’on a en Méditerranée. C’est la deuxième plus grande espèce au monde après la baleine bleue, son plus proche cousin. Chez nous, ce sont des petits rorquals mais ils atteignent quand même 22 mètres de long pour 70 tonnes ! On arrive à observer au moins une espèce à chaque sortie ; on fait très rarement chou blanc.

« On met un point d’honneur à ce que ces sorties servent la connaissance. L’un sans l’autre, ça n’a pas de sens pour nous »

Vous emmenez en moyenne 4 500 personnes par an, depuis Canet-en-Roussillon, dans les Pyrénées-Orientales, Port-Vendres l’été, mais aussi Sanary-sur-Mer, dans le Var. Les mammifères marins fascinent-ils toujours autant ?

Paradoxalement, même s’il y a une déconnexion globale à la nature, ils attirent toujours autant oui, suffisamment en tout cas pour accepter de passer une journée entière sur un bateau pour partir au large ! Ce n’est pas commun comme sortie, en soi c’est déjà dépaysant. Pour nous, c’est un prétexte fabuleux pour emmener le public découvrir toute la faune du grand large en général, car c’est un habitat à part entière, comme la forêt par exemple ; mais comme il est inaccessible la plupart du temps, il reste très méconnu. Il faut déjà avoir les moyens d’y aller, et ensuite, être avec des guides qui pourront le décrypter. Pendant les croisières, on s’arrête pour observer et expliquer tout ce qu’on voit car contrairement aux idées reçues, il y a plein d’animaux : des tortues marines, des requins, des oiseaux marins, des thons, des espadons, des diables de mer, etc.

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L’info en +

Choisissez un croisiériste labellisé « High quality whale-watching »

En Méditerranée, « c’est une activité écotouristique qui croît de façon régulière et raisonnée depuis les années 90 ; cela reste une pression très acceptable. Découverte du Vivant est encore le seul opérateur à aller au large depuis les Pyrénées-Orientales », explique Aurélien Guay. Il y a une trentaine de croisiéristes pour toute la façade méditerranéenne française, dont la moitié sont labellisés « High quality whale-watching ». « Contrairement à d’autres labels, celui-ci n’a pas été dépouillé de son sens. Choisir un opérateur labellisé, ça garantit de partir avec des guides qui sont engagés, qui ont une certaine éthique, car c’est une démarche totalement volontaire. »

Plus d’infos sur les croisières de Découverte du vivant, au départ de Canet-en-Roussillon, Port-Vendres et Sanary-sur-Mer : www.decouverteduvivant.org

Plus d’infos sur le whale-watching et les opérateurs labellisés : www.whale-watching-label.com et www.souffleursdecume.com

 

Un dauphin bleu et blanc, l’espèce de dauphin la plus présente en Méditerranée.