« Ça tourne ! Hadi, c’est quand tu veux. » Dans son costume impeccable, cravate rouge et canne à la main, le lobbyiste désormais le plus connu des Français avance face à la caméra avec assurance. « Ça paraît complètement fou qu’en 2020 il y ait encore des gens qui croient au réchauffement climatique. Quand je pense à tout ce qu’on a dépensé avec mes amis des énergies fossiles, un milliard en cinq ans depuis la COP 21, un milliard ! T’imagines un peu les sacrifices ! » Après plus d’une dizaine d’épisodes, Hadi Rassi maîtrise son personnage à la perfection. Toujours détestablement drôle. Et désormais incontournable dans le paysage écolo, même s’il fait plutôt de l’écologie à l’envers… Car Ami des lobbies, c’est « la première chaîne où les lobbies peuvent s’exprimer sans complexe ». En cinq minutes, les vidéos vantent toutes les merveilles offertes par la déforestation, nous délivrent tous les secrets du business plan en or des produits phytosanitaires (« notre plus grande fierté ») ou prennent la défense des chasseurs, « des héros incompris victimes d’une injuste défiance ». Tout cela est à prendre au second degré, bien sûr.

Le message est percutant, l’humour grinçant : dès le premier épisode en janvier 2019, la série fait un carton. Un an après, elle compte plus de 87 000 abonnés sur Youtube et plus de 10 millions de vues au total.

MAUVAISE FOI ET HUMOUR NOIR

Devant la caméra : un duo parfaitement rôdé. Comme dans l’émission culte C’est pas sorcier, le premier se met en scène pendant que l’autre appuie son propos en avançant des données scientifiques. Sauf que cette fois, Fred et Jamy sont purement diaboliques… Hadi Rassi excelle de mauvaise foi dans son rôle de défenseur des lobbies tandis que Laura Flahaut, dans sa blouse blanche, nous démontre tous les bienfaits de la mode rapide, de la consommation de viande ou encore du sucre – avec une casquette Coca-Cola vissée sur la tête. Derrière la caméra, un seul homme : Jeremy Bismuth. C’est lui qui écrit et réalise tous les épisodes. « Ça faisait longtemps que je voulais tourner une ­websérie sur l’écologie mais ce sont des sujets qui peuvent vite devenir anxiogènes. Je voulais que ce soit drôle pour ne pas rebuter le public, mais aussi parce que c’est plus efficace. Prendre le point de vue des méchants, c’est toujours plus parlant. »

Pour lire cet article en totalité et soutenir la presse locale de qualité, commandez le numéro #4 d’Oxytanie !