Définition

C’est l’Anglais Alastair Humphreys qui a popularisé l’expression micro-aventure, il y a moins d’une dizaine d’années. C’est même pour l’avoir théorisée que la prestigieuse revue National Geographic l’a élu « Aventurier de l’année » en 2012. Sa définition de la micro-aventure est simple : c’est une aventure de courte durée (un à trois jours maximum), simple à organiser, locale (idéalement au départ de chez soi, mais au maximum dans son pays) et bon marché. C’est, dit-il avec humour, ce que l’expresso est au café : un concentré de saveurs et d’excitants.

C’est l’aventure en bas de chez soi qui vous sort de votre zone de confort et qui parvient à vous dépayser le temps d’un week-end. Vous en avez sûrement fait sans le savoir, ou peut-être même sans l’avoir prévu. Mais ce n’est pas tout…

Une expérience (de la) nature

Car derrière le concept, c’est un vrai état d’esprit et une critique de notre société de consommation ultra-connectée, urbanisée et standardisée. Partir en micro-aventure, c’est avant tout un moyen de se rapprocher de la nature et des plaisirs simples. Laura, du blog Les Globe blogueurs, explique : « Dans cette approche, la nature n’est pas un simple décor, elle est avant tout un lieu sensoriel, un terrain sensible pour vivre des expériences et des émotions. Dans les micro-aventures, on ne recherche pas spécifiquement les paysages exceptionnels ou photogéniques. Le regard porté sur la nature est davantage bienveillant et curieux. Ainsi, une simple forêt ou une modeste rivière deviennent des endroits fabuleux. »

Sortir des sentiers battus et éviter les sites « instragrammables » et surfréquentés : une tendance dans l’air du temps alors qu’il y a une vraie prise de conscience climatique symbolisée par le désormais célèbre flygskam suédois, « la honte de prendre l’avion ». Déplacements doux et activités respectueuses de l’environnement sont au cœur de la démarche.

Faut-il être un vrai aventurier ?

Dans les faits, non. Dans l’âme, un peu quand même. Mais « pas besoin d’être Mike Horn ou de partir pour trois semaines de trek au Ladakh. L’aventure c’est ce moment délicieux où la vie s’engouffre dans ton quotidien et vient déranger ton confort, tes habitudes et ton planning », explique Amélie Deloffre, auteure de 2 jours pour vivre, un livre plein d’anecdotes et d’humour où elle explique sa philosophie de l’aventure – « un art de vivre ».

Pour renouer avec la liberté, la vraie, elle nous invite à profiter de notre samedi soir pour aller dormir dehors, dans la nature, et à apprendre à aimer l’inconfort. « Dans l’inconfort il y a fort, comme vivre plus fort des instants auxquels on n’attachait plus d’importance. Au début, l’inconfort on le déteste quelque peu. Avant de s’y habituer, voire de le rechercher. »

Et les enfants ?

Interdites aux familles, les micro-aventures ? Pas du tout, rassure Laure des Globe blogeurs, qui trouve « que l’on enferme un peu trop dans un carcan les familles dès lors qu’elles souhaitent voyager ». Aventure ne signifie pas insécurité ou improvisation. C’est aussi une bonne occasion de responsabiliser les enfants et de les impliquer davantage, en leur faisant mettre la main à la pâte. « Oui il est possible, et même recommandé de les emmener en pleine nature, d’éduquer leur regard et de leur donner le goût de l’effort, poursuit Laura. On s’inquiète de leur confort, de leur intérêt alors qu’ils ont une curiosité décuplée et une capacité d’adaptation bien plus développée que beaucoup d’adultes. »

Oui mais…

C’est Amélie Deloffre qui lance un pavé dans la mare sur son site, en pleine crise du Covid-19, avec cette question : « Est-on en train de participer à dénaturer ce que l’on trouve formidable ? » (un billet à lire en intégralité sur son blog). Elle partage sans langue de bois ses craintes devant le marketing à outrance autour des micro-aventures et la sur-fréquentation des lieux naturels, qui sont des écosystèmes fragiles. « Parce que qui dit tendance, dit accroissement significatif et marchand, et donc une altération du concept d’authenticité. Or, l’authenticité, c’est la définition même de l’aventure. » Pour tenter de s’en prémunir, elle donne « huit pistes pour de la micro-aventure intelligente et humaine » (et qui pourraient être celles plus généralement d’un tourisme durable) :

  • Mieux répartir l’aventure sur le territoire (oser s’aventurer dans des coins qu’on ne connaît pas).
  • Réapprendre à s’enthousiasmer (« fuyez les réseaux sociaux, l’imagination et l’envie ça se préserve »).
  • Mieux répartir l’aventure sur l’année (partir hors saison).
  • Favoriser les petits acteurs (passer en direct par des petits acteurs locaux).
  • Aimer la simplicité.
  • Respecter dame nature (« ramener ses déchets, respecter les consignes, ne pas nourrir les animaux, etc. LA BASE »).
  • Se lier avec des inconnus (« les moments d’humanité gratuits et spontanés sont les meilleurs souvenir que vous garderez »).
  • Privilégier les transports non-polluants.

Comment les trouver ?

Le web en fourmille. Certains offices de tourisme ont même créé des rubriques spéciales sur leur site. Vous pourrez aussi trouver des idées sur le site d’Amélie Deloffre  – qui, comme son livre, s’appelle 2 jours pour vivre –,  sur des blogs, mais aussi dans des médias spécialisés qui ont créé toute une communauté autour du concept : Chilowé, Les others, Davaï Davaï, ou encore la chaîne Youtube The other life. Reste que « l’aventure n’est pas un itinéraire à suivre, c’est une expérience singulière personnelle », prévient Amélie. Il n’y a rien de mieux que de créer ses propres itinéraires et escapades, que l’on a imaginés, préparés…

L’Occitanie, terre de micro-aventures

Pourquoi ? Déjà parce que c’est une grande région (13 départements quand même !) mais qu’on peut traverser pour un week-end ; comptez six heures  de route d’est en ouest et quatre du nord au sud. Le train sera certes plus long, mais avec 2 900 km de voies ferrées, il permet d’aller  (presque) partout pour un moindre impact carbone.

Enfin, entre Pyrénées et Méditerranée, l’Occitanie est une destination nature par excellence,  qui jouit d’une diversité incroyable. Les parcs naturels occupent plus du tiers du territoire. La région compte deux Parcs nationaux et sept Parcs régionaux, ainsi qu’une trentaine de réserves naturelles. Pour randonner, 40 000 km de sentiers balisés ! Et l’embarras du choix pour des déplacements doux : bateau, canoë, paddle, vélo, VTT, calèche, trottinette électrique, etc.

Il suffit parfois d’un détail pour transformer un week-end en micro-aventure. Randonner, avec un âne. Camper, à la belle étoile. Faire une sortie naturaliste, la nuit. Le champ des possibles est infini.

Les Parcs nationaux et réginonaux d’Occitanie (carte Région Occitanie Pyrénées-Méditerranée)

 

Cet article est issu du numéro #5 d’Oxytanie

Retrouvez nos idées de micro-aventures et activités originales à faire en famille dans la région dans le magazine, en vente sur notre site. Soutenez la presse locale de qualité et prenez plaisir à le lire sur papier !