Sur votre blog, La fille de l’Encre, vous partagez des bonnes adresses, des carnets de voyage mais aussi des débats avec souvent des questions qui fâchent, comme l’impact des blogueurs voyage sur l’environnement…

Même si je baroude pas mal, je ne suis pas une grosse consommatrice de voyages lointains. Je privilégie les petites destinations, les déplacements hors saison, la plupart du temps en France ou en Europe, et dans ce cas-là je privilégie le train et le ferry plutôt que l’avion. Je me décris volontiers comme une « voyageuse des sentiers battus », qui marche dans les pas déjà bien marqués de milliers de touristes, et avant, ça ne me posait pas particulièrement de problèmes. Mais cela fait plusieurs mois maintenant que je m’interroge sur le tourisme de façon générale. Comment il se développe, à quoi il sert économiquement, socialement, culturellement… et comme j’ai parallèlement à ça une profonde réflexion sur l’environnement, mes interrogations sur ces deux sujets s’entrechoquent violemment.

Ce qui est sûr, c’est qu’il y avait déjà une vraie volonté de changer le tourisme avant le coronavirus et que cette crise va amplifier cette tendance à aller vers un tourisme durable. Mais pour cela, il faut déconstruire tout ce qu’on a appris et changer de paradigme »

J’ai écrit des articles sur Barcelone, sur Venise, des lieux que j’ai adoré découvrir et dont je n’avais pas envie de me priver mais finalement, en en parlant, j’incite les gens à s’y rendre à leur tour alors qu’on sait qu’ils sont complètement saturés. Le tourisme de masse est une catastrophe. Du coup, c’est un peu schizophrénique de dire aux gens « Moi j’y vais, j’en parle, je vous donne de bonnes adresses mais en fait il faudrait ne pas y aller ».

Comment concilier son blog voyage et la crise environnementale et sociale à laquelle nous assistons ? C’est un débat que j’ai lancé sur mon blog parce que, justement, je n’ai pas encore trouvé de réponse.

Vous n’êtes pas la seule à avoir « le blues climatique ». Dans des témoignages sur l’après-coronavirus, publiés sur votre blog, la plupart des blogueurs appellent à un tourisme durable. Des vœux pieux ?

Nous sommes nombreux à partager ces préoccupations, chez les voyageurs mais aussi les blogueurs. Beaucoup ont déjà une vraie démarche responsable mais ce ne sont pas forcément ceux qu’on voit le plus, parce qu’il faut le reconnaître, ce n’est pas ce qui intéresse la majorité des gens. Avec cette crise, d’autres vont changer de positionnement et ce sera sincère. D’autres le feront par opportunisme et, une fois la crise passée, accepteront de refaire huit heures de vol pour une mission de trois jours parce que c’est leur gagne-pain. Ce sera aux lecteurs de savoir faire la différence.

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