La pluie qui n’en finit pas de tomber n’est pas près de leur enlever le sourire. « Nous on est des paysans ; l’eau, ça fait pousser l’herbe », fait remarquer Nino avec un air taquin. Les brebis sont à l’abri dans la bergerie et les fermiers profitent du déluge pour recevoir les visiteurs. Et à Salelles, on en a l’habitude. Oubliez l’image de l’agriculteur esseulé qui cherche l’âme sœur dans L’Amour est dans le pré. Ici, il n’y a pas un fermier, mais trois. « On est passé d’une ferme familiale tout à fait classique à une exploitation qui fait vivre cinq personnes : trois associés, une salariée et un apprenti. C’est assez rare dans la région », souligne Nino. Surtout qu’aucun n’a grandi ici, dans ce joli hameau isolé de la commune de Saint-Izaire, entre Saint-Affrique et Brousse-le-Château. Après des études d’électrotechnicien, Nino était ingénieur du son. Léa et Ghislain, ses deux associés, ont travaillé dans la recherche pendant une dizaine d’années, à Paris et à Lisbonne, au Portugal. Tous ont ressenti l’envie, il y a quelques années, de « trouver un métier qui fait sens », comme l’exprime Léa, native de Montpellier. « Je voulais être en accord avec ce que je pense, vivre à la campagne, produire à manger, être en contact avec les animaux : ça a été tout un cheminement qui s’est fait assez naturellement », complète Nino.

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