10 conseils pour voyager slow

Face à l’urgence d’un monde plus écologique, le voyage écoresponsable apporte de nouvelles idées pour concevoir des vacances durables. Le slow tourisme nous invite à reconsidérer notre impact écologique sur l’environnement en tant que voyageur. C’est aussi un mode de voyage à la quête de rencontres avec les autres et avec soi-même. Voyager slow est avant tout une philosophie de vie, un art de voyager : prendre le temps de contempler les paysages, être ancré dans le moment présent, ou partager des moments récréatifs avec ses proches. Si le slow tourisme est le mode de voyage le plus écologique, il est aussi par chance accessible à tous ! Devenir un voyageur slow se fait donc pas à pas.

  1. Partez pour vous ressourcer ! Avez-vous envie d’horizon, de faire une randonnée autour d’un lac, de respirer le grand air des forêts, ou d’explorer quelques jours une île ? Privilégiez les moyens de transport peu polluants pour vous y rendre !
  2. Ne pas laisser d’empreinte lors de son passage, et respecter le calme des forêts, des espaces naturels, pour ne pas déranger les espèces vivantes.
  3. Voyagez léger : une valise minimaliste est idéale pour relativiser sur ses besoins matériels. Ne prendre avec soi que le nécessaire est aussi un sentiment très confortable.
  4. Choisir des activités douces, à faible impact carbone, comme une balade à cheval, une sortie en canoë, un circuit à vélo.
  5. Consommer local pour soutenir l’économie locale et respecter la saisonnalité agricole.
  6. S’offrir des moments de gourmandise en dégustant les produits locaux !
  7. Lâcher prise. Un voyage slow est avant tout une parenthèse de vie. En étant dans le moment présent, on laisse derrière nous les questions du quotidien. Accordez-vous une bulle pour souffler !
  8. N’oubliez pas votre sourire : c’est si bon pour la santé. Le sourire nous habille d’une belle énergie et c’est très communicatif.
  9. Le temps des rencontres : prenez le temps de discuter avec les autres voyageurs ou les locaux.
  10. Se mettre en mode avion : éteindre son téléphone, oublier de regarder l’heure, un conseil essentiel pour réaliser un voyage slow.

Audrey Baylac est coach voyage en « slow tourisme » dans l’Hérault et auteure du blog L’Atelier bucolique.

Retrouvez cet article et d’autres sur le slow tourisme dans le numéro #5 d’Oxytanie !

 

Castres (Tarn), par Marcel Travel Posters, qui illustre tout l’ouvrage Voyager sans avion.

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Plein d’idées pour Voyager sans avion


Dans ce beau livre, publié en juin aux éditions Plume de Carotte, Audrey Baylac et Cindy Chapelle donnent de nombreuses pistes pratiques pour voyager « responsable », en accord avec ses valeurs : à pied, avec un âne ou à cheval, à vélo, en mode road trip, sur les fleuves et sur les mers… « Une nouvelle conception des vacances qui bouleverse notre rapport au temps et au voyage. » Inspirant !


Elles ont choisi la vie au grand vert

Du bleu au-dessus de nos têtes et, partout autour, du vert à perte de vue. En bas de la colline, on ne peut que deviner le Viaur qui, en serpentant, a façonné tout le paysage. La route est étroite, encore bordée des hautes herbes rescapées du confinement. Et au bout, après quelques virages serrés, nous voilà arrivés devant une grande et haute bâtisse en pierres : c’est ici, à La Capélanie, que débute « La Vie au Grand Vert ». Frédérique, 54 ans, et Nadia, 42 ans, ont quitté Nantes il y a trois ans pour s’installer dans ce petit hameau de la commune de Saint-André-de-Najac, dans le nord-ouest de l’Aveyron.

« Avant de faire quelque chose on réfléchit toujours énormément, on se pose plein de questions, on pèse le pour, le contre… Ça fait beaucoup rire nos voisins d’ailleurs ! »

Elles cherchaient un coin où se mettre au vert, n’importe où mais « loin des pesticides ». Elles ont eu le coup de cœur pour cette vallée un peu perdue du Ségala, où l’on est certes parfois dérangés par le bruit de l’épareuse qui arrive, justement, pour ratiboiser le bord des routes, mais le plus souvent bercés par le chant des grillons et des oiseaux. Une fois vendu leur appartement au quatrième étage, les voilà propriétaires d’une ancienne étable « habitable mais pas finie » et surtout de 2,6 hectares de terrain en pente plus ou moins douce vers le Viaur. Des bois, des prairies… et au milieu, Auguste le chêne. C’est par lui que commence irrésistiblement la visite. « Il donne l’échelle », glisse Frédérique en nous présentant l’arbre majestueux qui habite le terrain depuis au moins deux siècles. « C’est nous qui sommes chez lui ici ; il était là avant nous et sera encore là bien après. Selon un géobiologue qui a analysé le domaine, il est situé sur un puissant vortex, ce qui explique pourquoi il dégage une telle énergie. » Les habitants des lieux ont toujours aimé venir se ressourcer sous son ombre salvatrice. Imperturbable, Auguste partage ses bonnes ondes et règne avec bienveillance sur sa vallée.

PAS DE TÉLÉ NI DE WIFI

À La Vie au Grand Vert, il y a aussi Tara, Thelma et Louise, les brebis d’Ouessant, qui broutent tranquillement leur bout de terrain ; Félicie le chat ; et régulièrement des chevreuils qui viennent gambader près de la maison. Sur la terrasse en bois, plein sud, le panorama se déguste à 180 degrés.

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En montagne, « passer le plus inaperçu possible »

Vous êtes accompagnateur en montagne depuis 2005 dans les Pyrénées. Pourquoi choisir de partir en randonnée avec un guide ?

Parmi nos clients, il y a ceux qui viennent pour la sécurité, qui ne connaissent pas la montagne et qui préfèrent partir avec un professionnel ; et ceux qui ont envie d’apprendre. C’est un peu la même chose quand on va dans un musée ou une cathédrale, on peut faire la visite seul ou avec un guide. Les deux sont bien mais ce sont deux approches différentes. Quand on fait l’expérience de partir avec un guide, il y a quelque chose d’autre qui passe. L’objectif, quand j’emmène des gens en montagne, c’est de transmettre la passion que j’ai pour ce milieu, et notamment la compréhension des écosystèmes, des interactions entre la faune, la flore, l’histoire humaine. Leur ouvrir le regard sur plein de choses qu’ils ne voient pas forcément en se promenant seuls.

Sensibiliser, c’est aussi une manière de protéger, d’éveiller les consciences aux richesses naturelles et à leur fragilité. C’est une manière pour nous d’éveiller à l’écologie au sens large et au respect des espaces montagnards en particulier. Venir en montagne, c’est aussi un grand dépaysement ; on peut vivre des situations extrêmes car c’est un milieu extrême, donc on porte une grande attention au bien-être, à l’espace de chacun dans le groupe. L’humain, c’est la base de notre métier.

« On a une approche de la nature qui est vivante, riche, diverse ; ce n’est pas un à-plat de paysage dont on pourrait se lasser une fois que la photo est prise. Il y a la notion d’effort forcément, parce qu’il y a des kilomètres et du dénivelé, mais ce n’est pas tant le point final que le chemin qui compte »

Comment bien préparer une randonnée en montagne ?

On part en montagne comme on peut partir en haute mer, c’est un peu piégeux parce que maintenant il y a beaucoup de chemins balisés, beaucoup de topoguides dans les offices de tourisme, on trouve des tracés GPS sur internet, du coup on se dit qu’on est en sécurité… Mais ça reste un milieu extrême. Le temps peut changer très vite, on peut se perdre très facilement… 95 % des accidents en montagne impliquent des gens mal équipés, mal préparés et/ou sur un itinéraire qui ne leur convient pas.

Pour éviter une mauvaise expérience, il y a un certain nombre de précautions à suivre : se renseigner sur l’itinéraire, partir avec un GPS et une carte 1:25 000 (un téléphone qui tombe par terre, ça arrive…), consulter la météo au minimum 48 heures ou 24 heures avant le départ. On part avec un fond de sac, quel que soit la durée de la rando et la météo annoncée, qui est toujours le même : protection contre la pluie et le soleil, un pull, au moins un litre et demi d’eau par personne pour la journée et un casse-croûte. C’est la base. L’autre élément fondamental, c’est d’être bien chaussé, même si on fait une petite balade, enfants compris. Sur le chemin on fait attention aux autres, avec toujours un petit œil sur la carte, sur l’heure. Et tout ça, on le multiplie par 20 quand on est avec des enfants.

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Valeurs PNR, des valeurs sûres

Les trois guides d’Oxalys Randonnées (oxalysrandonnees.com), Yoran, Steve et Sébastien, proposent des randos et des séjours accompagnés dans les Pyrénées, et notamment dans le Parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises où ils répondent à la charte « Valeurs PNR », basée sur trois valeurs fondamentales : le lien au territoire, la dimension humaine et le respect de l’environnement.

Le Parc, qui s’est engagé dans sa charte à promouvoir un tourisme durable, travaille depuis sa création, avec ses partenaires, à une qualification environnementale des gîtes et chambre d’hôtes du PNR. Pour connaître l’ensemble des bénéficiaires de la marque Parc : artisans, hébergeurs, producteurs, activités découverte ; rendez-vous sur la page dédiée du Parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises.


« Les influenceurs ont une responsabilité »

Sur votre blog, La fille de l’Encre, vous partagez des bonnes adresses, des carnets de voyage mais aussi des débats avec souvent des questions qui fâchent, comme l’impact des blogueurs voyage sur l’environnement…

Même si je baroude pas mal, je ne suis pas une grosse consommatrice de voyages lointains. Je privilégie les petites destinations, les déplacements hors saison, la plupart du temps en France ou en Europe, et dans ce cas-là je privilégie le train et le ferry plutôt que l’avion. Je me décris volontiers comme une « voyageuse des sentiers battus », qui marche dans les pas déjà bien marqués de milliers de touristes, et avant, ça ne me posait pas particulièrement de problèmes. Mais cela fait plusieurs mois maintenant que je m’interroge sur le tourisme de façon générale. Comment il se développe, à quoi il sert économiquement, socialement, culturellement… et comme j’ai parallèlement à ça une profonde réflexion sur l’environnement, mes interrogations sur ces deux sujets s’entrechoquent violemment.

Ce qui est sûr, c’est qu’il y avait déjà une vraie volonté de changer le tourisme avant le coronavirus et que cette crise va amplifier cette tendance à aller vers un tourisme durable. Mais pour cela, il faut déconstruire tout ce qu’on a appris et changer de paradigme »

J’ai écrit des articles sur Barcelone, sur Venise, des lieux que j’ai adoré découvrir et dont je n’avais pas envie de me priver mais finalement, en en parlant, j’incite les gens à s’y rendre à leur tour alors qu’on sait qu’ils sont complètement saturés. Le tourisme de masse est une catastrophe. Du coup, c’est un peu schizophrénique de dire aux gens « Moi j’y vais, j’en parle, je vous donne de bonnes adresses mais en fait il faudrait ne pas y aller ».

Comment concilier son blog voyage et la crise environnementale et sociale à laquelle nous assistons ? C’est un débat que j’ai lancé sur mon blog parce que, justement, je n’ai pas encore trouvé de réponse.

Vous n’êtes pas la seule à avoir « le blues climatique ». Dans des témoignages sur l’après-coronavirus, publiés sur votre blog, la plupart des blogueurs appellent à un tourisme durable. Des vœux pieux ?

Nous sommes nombreux à partager ces préoccupations, chez les voyageurs mais aussi les blogueurs. Beaucoup ont déjà une vraie démarche responsable mais ce ne sont pas forcément ceux qu’on voit le plus, parce qu’il faut le reconnaître, ce n’est pas ce qui intéresse la majorité des gens. Avec cette crise, d’autres vont changer de positionnement et ce sera sincère. D’autres le feront par opportunisme et, une fois la crise passée, accepteront de refaire huit heures de vol pour une mission de trois jours parce que c’est leur gagne-pain. Ce sera aux lecteurs de savoir faire la différence.

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Prêts pour la micro-aventure ?

Définition

C’est l’Anglais Alastair Humphreys qui a popularisé l’expression micro-aventure, il y a moins d’une dizaine d’années. C’est même pour l’avoir théorisée que la prestigieuse revue National Geographic l’a élu « Aventurier de l’année » en 2012. Sa définition de la micro-aventure est simple : c’est une aventure de courte durée (un à trois jours maximum), simple à organiser, locale (idéalement au départ de chez soi, mais au maximum dans son pays) et bon marché. C’est, dit-il avec humour, ce que l’expresso est au café : un concentré de saveurs et d’excitants.

C’est l’aventure en bas de chez soi qui vous sort de votre zone de confort et qui parvient à vous dépayser le temps d’un week-end. Vous en avez sûrement fait sans le savoir, ou peut-être même sans l’avoir prévu. Mais ce n’est pas tout…

Une expérience (de la) nature

Car derrière le concept, c’est un vrai état d’esprit et une critique de notre société de consommation ultra-connectée, urbanisée et standardisée. Partir en micro-aventure, c’est avant tout un moyen de se rapprocher de la nature et des plaisirs simples. Laura, du blog Les Globe blogueurs, explique : « Dans cette approche, la nature n’est pas un simple décor, elle est avant tout un lieu sensoriel, un terrain sensible pour vivre des expériences et des émotions. Dans les micro-aventures, on ne recherche pas spécifiquement les paysages exceptionnels ou photogéniques. Le regard porté sur la nature est davantage bienveillant et curieux. Ainsi, une simple forêt ou une modeste rivière deviennent des endroits fabuleux. »

Sortir des sentiers battus et éviter les sites « instragrammables » et surfréquentés : une tendance dans l’air du temps alors qu’il y a une vraie prise de conscience climatique symbolisée par le désormais célèbre flygskam suédois, « la honte de prendre l’avion ». Déplacements doux et activités respectueuses de l’environnement sont au cœur de la démarche.

Faut-il être un vrai aventurier ?

Dans les faits, non. Dans l’âme, un peu quand même. Mais « pas besoin d’être Mike Horn ou de partir pour trois semaines de trek au Ladakh. L’aventure c’est ce moment délicieux où la vie s’engouffre dans ton quotidien et vient déranger ton confort, tes habitudes et ton planning », explique Amélie Deloffre, auteure de 2 jours pour vivre, un livre plein d’anecdotes et d’humour où elle explique sa philosophie de l’aventure – « un art de vivre ».

Pour renouer avec la liberté, la vraie, elle nous invite à profiter de notre samedi soir pour aller dormir dehors, dans la nature, et à apprendre à aimer l’inconfort. « Dans l’inconfort il y a fort, comme vivre plus fort des instants auxquels on n’attachait plus d’importance. Au début, l’inconfort on le déteste quelque peu. Avant de s’y habituer, voire de le rechercher. »

Et les enfants ?

Interdites aux familles, les micro-aventures ? Pas du tout, rassure Laure des Globe blogeurs, qui trouve « que l’on enferme un peu trop dans un carcan les familles dès lors qu’elles souhaitent voyager ». Aventure ne signifie pas insécurité ou improvisation. C’est aussi une bonne occasion de responsabiliser les enfants et de les impliquer davantage, en leur faisant mettre la main à la pâte. « Oui il est possible, et même recommandé de les emmener en pleine nature, d’éduquer leur regard et de leur donner le goût de l’effort, poursuit Laura. On s’inquiète de leur confort, de leur intérêt alors qu’ils ont une curiosité décuplée et une capacité d’adaptation bien plus développée que beaucoup d’adultes. »

Oui mais…

C’est Amélie Deloffre qui lance un pavé dans la mare sur son site, en pleine crise du Covid-19, avec cette question : « Est-on en train de participer à dénaturer ce que l’on trouve formidable ? » (un billet à lire en intégralité sur son blog). Elle partage sans langue de bois ses craintes devant le marketing à outrance autour des micro-aventures et la sur-fréquentation des lieux naturels, qui sont des écosystèmes fragiles. « Parce que qui dit tendance, dit accroissement significatif et marchand, et donc une altération du concept d’authenticité. Or, l’authenticité, c’est la définition même de l’aventure. » Pour tenter de s’en prémunir, elle donne « huit pistes pour de la micro-aventure intelligente et humaine » (et qui pourraient être celles plus généralement d’un tourisme durable) :

  • Mieux répartir l’aventure sur le territoire (oser s’aventurer dans des coins qu’on ne connaît pas).
  • Réapprendre à s’enthousiasmer (« fuyez les réseaux sociaux, l’imagination et l’envie ça se préserve »).
  • Mieux répartir l’aventure sur l’année (partir hors saison).
  • Favoriser les petits acteurs (passer en direct par des petits acteurs locaux).
  • Aimer la simplicité.
  • Respecter dame nature (« ramener ses déchets, respecter les consignes, ne pas nourrir les animaux, etc. LA BASE »).
  • Se lier avec des inconnus (« les moments d’humanité gratuits et spontanés sont les meilleurs souvenir que vous garderez »).
  • Privilégier les transports non-polluants.

Comment les trouver ?

Le web en fourmille. Certains offices de tourisme ont même créé des rubriques spéciales sur leur site. Vous pourrez aussi trouver des idées sur le site d’Amélie Deloffre  – qui, comme son livre, s’appelle 2 jours pour vivre –,  sur des blogs, mais aussi dans des médias spécialisés qui ont créé toute une communauté autour du concept : Chilowé, Les others, Davaï Davaï, ou encore la chaîne Youtube The other life. Reste que « l’aventure n’est pas un itinéraire à suivre, c’est une expérience singulière personnelle », prévient Amélie. Il n’y a rien de mieux que de créer ses propres itinéraires et escapades, que l’on a imaginés, préparés…

L’Occitanie, terre de micro-aventures

Pourquoi ? Déjà parce que c’est une grande région (13 départements quand même !) mais qu’on peut traverser pour un week-end ; comptez six heures  de route d’est en ouest et quatre du nord au sud. Le train sera certes plus long, mais avec 2 900 km de voies ferrées, il permet d’aller  (presque) partout pour un moindre impact carbone.

Enfin, entre Pyrénées et Méditerranée, l’Occitanie est une destination nature par excellence,  qui jouit d’une diversité incroyable. Les parcs naturels occupent plus du tiers du territoire. La région compte deux Parcs nationaux et sept Parcs régionaux, ainsi qu’une trentaine de réserves naturelles. Pour randonner, 40 000 km de sentiers balisés ! Et l’embarras du choix pour des déplacements doux : bateau, canoë, paddle, vélo, VTT, calèche, trottinette électrique, etc.

Il suffit parfois d’un détail pour transformer un week-end en micro-aventure. Randonner, avec un âne. Camper, à la belle étoile. Faire une sortie naturaliste, la nuit. Le champ des possibles est infini.

Les Parcs nationaux et réginonaux d’Occitanie (carte Région Occitanie Pyrénées-Méditerranée)

 

Cet article est issu du numéro #5 d’Oxytanie

Retrouvez nos idées de micro-aventures et activités originales à faire en famille dans la région dans le magazine, en vente sur notre site. Soutenez la presse locale de qualité et prenez plaisir à le lire sur papier !


Carole Delga : « Le développement touristique ne vaut que s’il est partagé par tous »

Le secteur du tourisme est très important dans la région. Il emploie environ 100 000 personnes et représente 10 % du PIB. Quel est l’état du paysage touristique en Occitanie après deux mois d’arrêt ?

C’est l’un des secteurs les plus impactés par la crise du Covid-19 et je mesure l’inquiétude des acteurs de la filière ; et je sais aussi leur volonté de rebondir. En Occitanie, ce sont 84 % des professionnels qui ont été contraints de fermer leur structure, soit par décision administrative, soit par absence de clients au plus fort de la crise sanitaire.

Depuis la sortie du confinement et les annonces concernant les vacances des Français, les réservations recommencent progressivement. J’y vois un signe encourageant pour ces hommes et ces femmes qui s’investissent au quotidien pour faire vivre l’Occitalité et qui ont beaucoup souffert de cette crise. Car derrière les chiffres, ce sont des visages, des savoir-faire, des vocations même, qui ont fait la réputation de notre territoire. C’est pour cela que la Région est intervenue au plus vite pour protéger les habitants et préparer l’avenir, avec en premier lieu, la relance économique. Le fonds unique en France, L’OCCAL, que la Région cofinance avec 12 Départements, 145 intercommunalités et la Banque des Territoires, offre par exemple des solutions aux entreprises par des aides à la trésorerie et à l’investissement pour la mise en œuvre des mesures sanitaires. C’est particulièrement important pour les établissements du secteur thermal qui a été durement touché et dont les modalités sanitaires de réouverture sont déterminantes.

« Je crois en ce tourisme plus juste, plus durable car je considère que le voyage ne peut être réservé qu’à quelques personnes fortunées »

Comme dans l’alimentaire avec le « consommer local », les habitants de la région sont invités à « voyager dans leur zone » cette année. Vincent Garel, nouveau président du Comité régional du tourisme, parle d’un acte « solidaire et citoyen ». Le tourisme de proximité, c’est une contrainte cette année pour beaucoup mais c’est un mouvement de fond depuis plusieurs années. Comment encourager ce tourisme local ?

La Région active tous les leviers dont elle dispose : nous facilitons la mobilité en proposant des offres de transport attractives sur ses TER avec un million de billets à 1 euro, et nous aidons les professionnels à sauver la saison 2020 avec le fonds L’OCCAL pour la trésorerie et l’investissement. J’ai également mobilisé le Comité Régional du Tourisme qui consacrera un budget de 3 millions d’euros, en plus de nos propres investissements, pour soutenir la relance, au travers notamment d’une plateforme de pré-réservation, d’un numéro vert pour organiser son séjour et d’un plan de promotion adapté.  Mais, oui, au-delà de la crise, nous travaillons à ce tourisme de proximité.

La mobilité est une promesse républicaine, elle n’est pas réservée à une élite, voilà pourquoi j’ai demandé aux sociétés autoroutières un geste fort de solidarité. Un tiers des Français ne partent jamais en vacances, on l’a oublié. L’impact sur le pouvoir d’achat des familles est important et comme toujours, les gens priorisent et sacrifient les vacances, le temps libre. Je veux que cet été 2020 soit vraiment celui des vacances pour tous. Pionnière du tourisme social et solidaire, la Région a accompagné depuis ses débuts l’opération « Premiers départs en vacances », qui a déjà bénéficié à 44 000 jeunes, dont plusieurs centaines d’enfants porteurs de handicap. La Région soutient aussi la journée des Oubliés des vacances, organisée par le Secours populaire à Gruissan. Et nous avons lancé l’an dernier le dispositif Sac Ados pour les jeunes des Quartiers de Politique de la Ville ou de Zones de revitalisation rurale. Je crois en ce tourisme plus juste, plus durable car je considère que le voyage ne peut être réservé qu’à quelques personnes fortunées. Car derrière le mot « voyage », il y a la découverte, l’ouverture à l’autre, à celle ou celui qui est différent, d’autres cultures et modes de vie. Le voyage participe de la construction de la citoyenneté.

Un tourisme de proximité se construit forcément avec ses habitants, sur les territoires. Comment impliquer davantage les populations locales, qui peuvent apporter la convivialité, mais aussi ce retour à un tourisme de sens, de valeurs ?

Tout à fait. Le tourisme n’est pas une activité humaine, économique, comme les autres. Il implique un mouvement vers autrui. C’est le sens de notre « Occitalité » que je développe depuis la création de notre région. Pour moi, la crise sanitaire que nous traversons ne doit pas servir de prétexte à un repli identitaire !

Notre force, c’est le collectif. C’est avec les habitants, les acteurs économiques locaux, les élus du territoire que l’Occitanie a pu devenir cette région où s’invente le tourisme de demain, un tourisme responsable qui est avant tout un état d’esprit. De même que nos contrats Bourgs-Centres permettent de renforcer l’attractivité des petites communes, nos 40 Grands Sites d’Occitanie labellisés sont des destinations construites avec les territoires. Pour nous démarquer, nous mettons l’accent sur l’innovation : Campus de l’innovation touristique, Open Tourisme Lab, hébergement flottant… Et nous continuons d’investir, avec le Plan Littoral 21, et de faire front face au Covid-19 avec le fonds L’OCCAL : il y a une cohérence dans ce que nous entreprenons.  Rassembler, construire ensemble un autre modèle de société, c’est l’objectif.

Moins de neige en hiver, plus de chaleur en été, des phénomènes climatiques de plus en plus forts et imprévisibles… Comment le tourisme s’adapte-t-il face au changement climatique dans notre région ?

Le changement climatique nous invite à changer de modèle pour préserver notre santé, notre biodiversité et les conditions de vie des plus jeunes générations. En Occitanie, nous avons pris nos responsabilités bien avant la période de confinement en donnant la priorité au  tourisme durable et responsable. L’investissement, l’innovation  et la formation seront déterminants  pour faire évoluer les activités. Les montagnards l’ont compris en déployant de nouvelles stratégies  alternatives au tout ski. En montagne comme sur le littoral, nous allons accélérer la transformation des stations pour qu’elles s’adaptent aux exigences de vie de notre époque. C’est la même logique qui guide notre action en faveur du thermalisme, avec un accompagnement visant la structuration de véritables destinations touristiques.

« L’avion continuera à être ce trait d’union entre les peuples et les continents. C’est pour cela que je crois fermement à l’avion vert. Ce n’est pas un rêve. L’industrie aéronautique a toujours démontré sa capacité à innover »

Les interrogations existaient déjà mais cette crise a provoqué une prise de conscience collective sur le tourisme de masse et l’urgence de changer de modèle, d’inventer une autre forme de tourisme, plus durable. Où en est l’Occitanie ?

L’expression « tourisme de masse » laisse entendre que le tourisme serait réservé à une petite élite. Encore une fois, la soif de découvrir, de connaître d’autres cultures est, par nature, émancipatrice et doit être accessible. Pour moi, je le répète, les droits aux loisirs, au voyage sont des droits fondamentaux et ce, quel que soit son niveau social.

Changer de modèle, c’est par exemple proposer, comme nous le faisons, des trajets en train avec des tarifs exceptionnels. C’est une réponse concrète au pouvoir d’achat et à la protection de l’environnement. C’est permettre à nos concitoyens de s’évader près de chez eux, de partir à la rencontre de leur région.

Alors oui, avec 30 millions de touristes par an, nous sommes une région très attractive, et je m’en réjouis. Mais il ne s’agit pas de transformer nos villes, Toulouse ou Sète, en Barcelone ou en Venise ! Ce que je souhaite, c’est un équilibre entre les intérêts des habitants et les attentes des visiteurs. Il réside dans la capacité du tourisme à maintenir des commerces et des services dans les zones les plus rurales de notre région. Nous visons un développement touristique équilibré qui fait des habitants les principaux bénéficiaires des équipements et infrastructures dédiés à l’accueil des touristes. Le développement touristique ne vaut, comme tout développement, que s’il est partagé par tous et qu’il constitue un progrès pour tous.

D’un autre côté, le tourisme est aussi un acteur important du dérèglement climatique, principalement à cause du transport aérien, qui fait l’objet d’une polémique croissante. C’est aussi un secteur-phare dans la région, très touché par la crise. Peut-on promouvoir un tourisme durable tout en volant au secours de l’avion ?

Nous sommes évidemment très attentifs à cette question. Depuis 2016, j’ai fait de la mobilité durable un cheval de bataille, en encourageant les habitants à utiliser les transports en commun mais aussi en soutenant le développement de nouvelles énergies non-polluantes comme l’hydrogène vert. Les  150 millions d’euros que nous avons mobilisés nous permettront ainsi de disposer de trois rames de trains à hydrogène et de structurer une nouvelle filière industrielle. Il faut en effet réinventer la mobilité.

La mobilité durable et l’économie ont des destins liés, tout comme l’avion et le tourisme. L’avion continuera en effet à être ce trait d’union entre les peuples et les continents, symbole de la découverte d’autres horizons, et surtout, d’autres cultures. C’est pour cela que je crois fermement à l’avion vert. Ce n’est pas un rêve. L’industrie aéronautique a toujours démontré sa capacité à innover, à repousser toujours plus loin le génie humain. Et pour garantir la compétitivité de nos entreprises dans les années à venir, l’avion vert est fondamental et je propose que la France soit leader dans ce domaine.

« Changer de modèle, c’est par exemple proposer, comme nous le faisons, des trajets en train avec des tarifs exceptionnels. C’est une réponse concrète au pouvoir d’achat et à la protection de l’environnement »

Peut-on imaginer, dans quelques années, des touristes qui, jusqu’au dernier kilomètre, n’ont pas besoin de prendre leur voiture quand ils viendront en vacances dans la région ?

Ce futur que vous imaginez, c’est déjà une réalité ici en Occitanie : le train de nuit Paris-Toulouse-Luchon transportait les touristes au pied des pistes de ski. Pour trouver les solutions, les innovations, il suffit parfois d’observer et de revenir à ce qui existait, les anciens avaient du bon sens. Et le progrès… c’est parfois refaire ce que nos pères ont défait, puisque ce train a connu un arrêt brutal en 2014. Dès mon arrivée à la présidence de la Région en 2016, je me suis battue pour sa réouverture.

Cette ligne sera notre ligne test pour le train à hydrogène. Et toujours dans l’objectif de favoriser les déplacements en transports en commun des vacanciers, la Région renforcera également son offre de transports routiers interurbains, à destination des grands sites touristiques. Une nouvelle offre va être mise en place permettant de se rendre jusqu’au pied des lieux incontournables.

Un des professionnels qui témoigne dans ce numéro parle d’une saison toujours plus courte, d’un littoral saturé au mois d’août. La pression exercée sur les Grands sites d’Occitanie est elle aussi très concentrée pendant les quelques semaines d’été. C’est également un enjeu des prochaines années : étendre la fréquentation touristique dans le temps et dans l’espace ?

Les 40 Grands Sites d’Occitanie, le tourisme « 4 saisons », répondent justement aux problématiques de sur-fréquentation, avec des touristes mieux répartis sur le territoire et sur toute l’année. Notre région est vaste, et ses paysages très diversifiés permettent ce développement raisonné. Dès 2019, nous avons lancé un fonds tourisme doté de 101 millions d’euros pour mettre en œuvre une stratégie de tourisme durable et responsable. Concernant le littoral par exemple, nous souhaitons développer l’habitat flottant, et nous avons mobilisé 1 milliard d’euros pour le Plan Littoral 21 en Occitanie dont la vocation est de rénover les stations balnéaires et de lancer des actions pour faire face au changement climatique. Il y a, par exemple, le projet Ville et Port de la Grande-Motte, l’aménagement du cœur de la station touristique du Cap d’Agde ou du lido de Frontignan, la mise en valeur du phare de l’Espiguette au Grau-du-Roi… L’idée, c’est de proposer des réponses pour les campings, pour la requalification du littoral, mais aussi d’offrir une alternative pour l’hébergement sous forme de résidences de tourisme, de rénovation des stations balnéaires, de  mutation des stations thermales et de montagne.

Cet article est issu du numéro #5 d’Oxytanie