Qui se cache derrière Ami des lobbies

« Ça tourne ! Hadi, c’est quand tu veux. » Dans son costume impeccable, cravate rouge et canne à la main, le lobbyiste désormais le plus connu des Français avance face à la caméra avec assurance. « Ça paraît complètement fou qu’en 2020 il y ait encore des gens qui croient au réchauffement climatique. Quand je pense à tout ce qu’on a dépensé avec mes amis des énergies fossiles, un milliard en cinq ans depuis la COP 21, un milliard ! T’imagines un peu les sacrifices ! » Après plus d’une dizaine d’épisodes, Hadi Rassi maîtrise son personnage à la perfection. Toujours détestablement drôle. Et désormais incontournable dans le paysage écolo, même s’il fait plutôt de l’écologie à l’envers… Car Ami des lobbies, c’est « la première chaîne où les lobbies peuvent s’exprimer sans complexe ». En cinq minutes, les vidéos vantent toutes les merveilles offertes par la déforestation, nous délivrent tous les secrets du business plan en or des produits phytosanitaires (« notre plus grande fierté ») ou prennent la défense des chasseurs, « des héros incompris victimes d’une injuste défiance ». Tout cela est à prendre au second degré, bien sûr.

Le message est percutant, l’humour grinçant : dès le premier épisode en janvier 2019, la série fait un carton. Un an après, elle compte plus de 87 000 abonnés sur Youtube et plus de 10 millions de vues au total.

MAUVAISE FOI ET HUMOUR NOIR

Devant la caméra : un duo parfaitement rôdé. Comme dans l’émission culte C’est pas sorcier, le premier se met en scène pendant que l’autre appuie son propos en avançant des données scientifiques. Sauf que cette fois, Fred et Jamy sont purement diaboliques… Hadi Rassi excelle de mauvaise foi dans son rôle de défenseur des lobbies tandis que Laura Flahaut, dans sa blouse blanche, nous démontre tous les bienfaits de la mode rapide, de la consommation de viande ou encore du sucre – avec une casquette Coca-Cola vissée sur la tête. Derrière la caméra, un seul homme : Jeremy Bismuth. C’est lui qui écrit et réalise tous les épisodes. « Ça faisait longtemps que je voulais tourner une ­websérie sur l’écologie mais ce sont des sujets qui peuvent vite devenir anxiogènes. Je voulais que ce soit drôle pour ne pas rebuter le public, mais aussi parce que c’est plus efficace. Prendre le point de vue des méchants, c’est toujours plus parlant. »

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Du tourisme autrement chez des paysans accueillants

Chez eux, pas de course aux étoiles, si ce n’est dans le ciel… Les membres du réseau Accueil Paysan partagent avant tout une éthique, basée sur la défense d’une agriculture paysanne et le respect de l’environnement, et la volonté de faire découvrir le milieu rural par l’échange et le partage.

L’association Accueil Paysan est née en 1987 en Isère de la longue réflexion de paysans de la région Rhône-Alpes qui souhaitaient accueillir le public au sein de leurs productions agricoles, dans une démarche respectueuse de l’homme et de son environnement. Plusieurs associations se créent dans toute la France et le premier guide de ces « vacances autrement » est édité en 1992. Aujourd’hui, il compte 900 adhérents en France et 300 à l’étranger, dans 32 pays : tous agriculteurs et acteurs ruraux engagés en faveur d’une agriculture paysanne et d’un tourisme durable, équitable et solidaire.

« Nous sommes de petites fermes à taille humaine, c’est ce qui fait qu’on est tous différents, avec chacun son originalité », note Véronique, dans le Lot. « On est issus d’un monde agricole avec une éthique, un respect de l’homme, de l’environnement, de l’animal… C’est ça qui fait notre différence. Cet engagement, les autres ne l’ont pas forcément. » Pour le mouvement, l’accueil fait partie intégrante de l’activité agricole. Il milite depuis plusieurs années pour la reconnaissance du métier de paysan-accueilleur-aménageur.

L’AGRITOURISME EST À UN TOURNANT

Née à la même période mais beaucoup plus connu, le réseau Bienvenue à la ferme est une marque des chambres d’agriculture, et de loin le numéro 1 avec 8 000 agriculteurs adhérents en France, dont 1 250 en Occitanie. Quelle différence entre les deux réseaux ? C’est Daniel, de la ferme de La Borie Maigre, dans le Tarn, qui le résume le mieux : « On a choisi Accueil Paysan comme on a choisi Nature et Progrès, qui est plus exigeant que le label Agriculture biologique. Accueil Paysan, c’est un peu son pendant pour l’agritourisme. »

La charte d’Accueil Paysan définit les valeurs et l’esprit du réseau. On y trouve l’origine et la qualité des produits, le confort « adapté à l’habitat local » mais surtout des valeurs humaines : la solidarité, le respect de l’environnement, l’accessibilité à tous, la valorisation des identités paysannes…

Historiquement, le mouvement s’est développé en proposant une alternative au modèle de développement intensif de l’agriculture, avec des modes d’élevage et de culture soucieux de la qualité des produits et travaillés dans le respect de l’environnement. De facto, une grande partie des adhérents pratiquent l’agroécologie et l’agriculture biologique.

Comme l’agriculture, l’agritourisme est à un tournant. « Nous sommes à une période charnière avec le départ à la retraite de la première génération et la transmission, ou pas, à la nouvelle génération », note Armand, unique salarié de l’association régionale Accueil Paysan, basée à Limoux, dans l’Aude.

Retrouvez des portraits de membres d’Accueil Paysan dans le Lot, le Tarn-et-Garonne et le Tarn dans le numéro #5 d’Oxytanie.

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Bernard, paysan vigneron à la retraite, dans le gîte qu’il vient de faire rénover au milieu des vignes, au domaine de Lafage (Tarn-et-Garonne).


Ils font du tourisme en circuit court

Créée en 2017, l’association Tourisme gourmand en Occitanie regroupe treize exploitations agricoles et entreprises de l’agro-alimentaire qui souhaitent valoriser leur production et leur savoir-faire en ouvrant leurs portes au public pour des expériences gourmandes : visites, dégustations et ateliers. Un réseau unique en France qui regroupe aussi bien la boutique de la plus importante chocolaterie française (Cémoi, à Perpignan) qu’une oliveraie familiale ou une coopérative agricole. « Ce qui nous réunit, ce sont nos valeurs, explique Florence Pratlong, gérante de la fromagerie lozérienne Le Fédou et coprésidente de l’association. Le tourisme n’est pas notre métier mais nous avons à cœur de bien accueillir le public et de proposer une prestation tout en restant fidèles à nos valeurs d’humanité, de proximité, de respect de l’environnement. C’est la marque de fabrique de Tourisme gourmand. »

Un des volets importants, c’est la formation. Des salariés de chaque entreprise se forment chaque année pour devenir des  « guides gourmands destination Occitanie ». Ils sont initiés à l’accueil, à l’éveil sensoriel, à l’art du récit et à la gestion de crise… Conséquence des mesures sanitaires post-confinement, les groupes constitués (entreprises, associations), qui sont le cœur de leur public, ne devraient pas revenir avant plusieurs mois. Déjà fortement impactés sur leur activité principale, ils ont dû également revoir leurs offres touristiques pour rebondir. L’association constitue un socle idéal pour échanger, réfléchir et envisager l’après. L’expérience collective d’un tourisme en phase avec l’économie locale.

Les 13 membres de Tourisme gourmand en Occitanie :

Moulin de l’Oulibo (Aude), Salaisons Oberti (Tarn), Maison Labastide (Tarn), Coopérative Jeune Montagne (Aveyron), Fromagerie Le Fédou (Lozère), Domaine de l’Oulivie (Hérault), Les Caves Richemer (Hérault), Maison Tarbouriech (Hérault), Maison Ramajo (Gers), Dom Brial (Pyrénées-Orientales), Boutique Cémoi (P.-O.), Les vignerons de Plaimont (Gers), La Confiserie biscuiterie du Tech (P.-O.).

 

Florence Pratlong, fromagerie Le Fédou, Hyelzas (Lozère)

« Le tourisme est une opportunité
mais ça n’est pas un but en soi »

« On a conçu un circuit Des brebis et des hommes où l’on reçoit les groupes dans l’exploitation historique du Fédou, puis à la Ferme caussenarde d’autrefois, et enfin à la fromagerie où ils ont un film et une dégustation. Ce lien entre élevage et production, le métier d’agriculteur, c’était important de pouvoir les présenter, mais aussi de parler de notre région comme étant une région vivante. On n’est pas perdus au milieu de rien mais on est dans un ensemble et c’est ça qu’il est important de faire sentir. D’un lieu à l’autre, il y a une cohérence, de la complicité, de la convivialité. »

Dégustation à la fromagerie Le Fédou, en Lozère.

Maxime des Longchamps, caves Richemer (Hérault)

« L’impact du tourisme peut être positif
quand il fait profiter les productions locales »

« Je ressens depuis quelques années déjà qu’il y a une vraie attente des gens de donner du sens et de la valeur à ce qu’ils consomment. Au lieu de les culpabiliser, il faut leur montrer que leur impact peut être aussi positif quand ils font profiter les productions locales et jouent la carte de la proximité. »

 

Pierre Vialla, domaine de l’Oulivie, Combaillaux (Hérault) :
« Un tourisme humain, intimement lié à des valeurs »

« Des petits domaines comme le nôtre ne peuvent exister que s’il y a une forte interaction avec la clientèle, basée sur des valeurs de partage et de respect. Les petites structures peuvent montrer la voie, être le tissu social dont on a besoin. Je suis convaincu que le tourisme de demain sera humain, intimement lié à des valeurs. »

Le Domaine de l’Oulivie, près de Montpellier. Photo Henri Comte

 

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Pour aller plus loin

Mirande, ville slow

Le temps grisâtre est incertain mais cela n’a pas découragé Ania, notre guide pour la matinée, qui a déjà garé son vélo à quelques pas de notre première étape. L’heure du rendez-vous est dépassée de quelques minutes. Il va falloir rapidement répondre à l’équation : comment comprendre l’esprit slow de la ville en un week-end sans céder au pas de charge ? Avec bienveillance et un délicieux accent polonais, Ania nous éclaire : « Slow, ça ne veut pas dire qu’on est lent mais qu’on prend le temps de faire les choses. » Arrivée il y a quinze ans de Pologne pour suivre son futur mari, la jeune femme n’est jamais repartie. Sans regrets. Elle est bien placée pour nous faire découvrir l’art de vivre mirandais, qu’elle a complètement adopté. « À l’époque, on passait peut-être pour des ploucs, rigole-t-elle. Mais aujourd’hui je suis ravie d’habiter à Mirande, d’avoir sur place l’école, le collège, le lycée, le sport, la musique ! Je vais au travail et au marché à vélo. On a plein d’associations… C’est une vie tranquille mais où l’on ne s’ennuie pas. »

UN ESCARGOT DANS LA VILLE

Sur les bords de la très passante route d’Auch, la vitrine vers laquelle nous nous dirigeons arbore le même logo que notre guide sur son tee-shirt : l’escargot du label Cittaslow. Impossible de le louper, il traîne sa coquille partout en ville, sur les ronds-points, les portes vitrées des commerces et même les menus des restaurants.

Mirande est la troisième ville française à avoir obtenu ce label international, fin 2011. Né en Italie en 1999 dans la lignée du mouvement slow food, Cittaslow est à la fois un label et une philosophie, car il représente tout un art de vivre, du bien-vivre.

 

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Cittaslow, qu’es aquò ?

Cittaslow vient de l’italien città, « cité », et de l’anglais slow, « lent ». également appelé le Réseau international des villes du bien-vivre, c’est une communauté de villes qui s’engagent à ralentir le rythme de vie de leurs citoyens. Il a été créé en 1999 par quatre maires italiens, inspirés du mouvement slow food (par opposition à l’invasion du fast-food), qui depuis n’a cessé de croître dans le pays et de diffuser son influence dans le monde entier.

Le réseau Cittaslow, lui, compte actuellement 266 villes dans 30 pays partout dans le monde. En France, dix villes sont labellisées : Segonzac (Charentes), Labastide d’Armagnac (Landes), Mirande (Gers), Créon (Gironde), Valmondois (Val d’Oise), Saint-Antonin-Noble-Val (Tarn-et-Garonne), Loix (Île de Ré), Samatan (Gers), Simorre (Gers), Cazaubon/ Barbotan-les-Thermes (Gers).


Tourisme responsable : « Il faut que les entreprises s’engagent »

Vous êtes président de l’association Agir pour un tourisme responsable (ATR), qui rassemble les professionnels du voyage engagés « dans un tourisme à visage humain » en France et partout dans le monde où vous êtes présents. Alors que l’on parle de tourisme durable, vert, éthique, solidaire, etc., c’est quoi, au juste, le tourisme responsable ? 

Vincent Fonvieille : C’est un engagement, à plusieurs niveaux : humain, social, environnemental et sociétal. Vis-à-vis de nos clients, c’est essentiellement un engagement de transparence, mais aussi d’information, de pédagogie. Vis-à-vis de nos partenaires dans les différentes destinations, en France et surtout à l’étranger, c’est essentiellement de créer des conditions de travail correctes, décentes, bien meilleures que ne l’exigent les lois de nombreuses destinations que nous programmons.

Vis-à-vis de nos collaborateurs, de notre propre organisation, c’est un engagement de cohérence : il s’agit de nous appliquer à nous-mêmes les exigences que l’on impose aux autres. Enfin, un engagement sociétal parce que je pense que l’entreprise a un rôle à jouer dans la société, vis-à-vis des grands enjeux de ce monde, auprès des autres grands acteurs que sont les dirigeants politiques d’une part et les citoyens de l’autre. Si l’on veut que les choses évoluent dans le bon sens, il faut que les entreprises s’engagent.

Et, bien entendu, à la base de nos valeurs, c’est un engagement vis-à-vis de la planète, avec l’objectif de réduire au maximum notre impact sur l’environnement.

Comment se concrétisent ces différents engagements, dans la pratique ?

Vincent Fonvieille : Dès sa création en 1985, l’engagement pour un tourisme plus responsable a toujours fait partie des fondements de La Balaguère. Au début des années 2000, nous nous sommes retrouvés avec une petite dizaine d’autres tours-opérateurs portés par les mêmes valeurs, humaines et environnementales. À une époque où n’importe qui se revendiquait responsable, durable, équitable, nous avons voulu montrer ce que signifiait pour nous d’être véritablement engagés dans une démarche collective pour un tourisme plus responsable.

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La Balaguère, un pied dans les Pyrénées
et l’autre dans le reste du monde

Implantée à Arrens-Marsous, petit village des Hautes-Pyrénées, La Balaguère est le tour-opérateur leader de la randonnée dans les Pyrénées. L’autre partie de son activité (un peu plus de la moitié) se déroule partout ailleurs dans le monde, où elle organise des voyages à pied.

Trente-cinq ans après sa création par Vincent Fonvieille, La Balaguère propose plus de 800 destinations, fait voyager plus de 14 000 marcheurs chaque année, compte une cinquantaine de collaborateurs, et tout cela sans jamais avoir quitté son camp de base du Val d’Azun. Une fierté pour son fondateur, à la fois acteur incontournable du massif pyrénéen et représentant du secteur touristique au niveau national à travers Agir pour un tourisme responsable (ATR), dont il a participé à la création et dont il est le président.


Un voyage exotique en France, c'est possible !

Photographe, rédacteur de guides, vous avez voyagé dans le monde entier, visité plus de 45 pays… Pourquoi ce voyage en France ?

Mathieu Mouillet : Dans tous les endroits où j’étais allé, systématiquement, on me demandait « Pourquoi venir chez nous alors que vous vivez dans le plus beau pays du monde ? » L’idée a fait son chemin. Pourquoi partir au bout du monde quand, paraît-il, « le voyage commence en bas de chez soi » ? Mais je ne voulais pas faire un voyage « touristique », je voulais rencontrer des acteurs du territoire, des gens très différents les uns les autres. C’est ce qui m’intéresse d’abord dans le voyage : rencontrer des gens qui vivent un peu différemment et écouter ce qu’ils ont à raconter.

En 2015, quand j’ai commencé mon périple, il y avait déjà l’envie de se tourner vers les tiers lieux, les circuits-courts, la démocratie participative, l’économie circulaire… Je voulais explorer tout ça. Et puis au-delà de ce projet de recherche – voir dans quel état les campagnes françaises se trouvaient – c’était aussi un projet personnel. Je n’en pouvais plus d’être Parisien, de broyer du gris en permanence. Il était temps que je me sauve, au sens propre !

« Ce que j’ai découvert, finalement, peut ressembler à une vision optimiste du « monde d’après ». Pendant un an et demi, j’ai rencontré des gens radieux qui avaient pris leur destin en main et qui étaient heureux, ravis d’habiter là où ils étaient. Je ne pensais pas qu’il y avait une telle énergie en attente »

Il y a un mélange de préparation et d’improvisation dans votre traversée. Comment concilier les deux ?

Mathieu Mouillet : J’avais bien préparé le voyage en amont et pour chaque département, j’avais les coordonnées d’une vingtaine de personnes que je contactais au fur et à mesure de mon avancée. Souvent, elles me dirigeaient vers d’autres personnes, parfois ne répondaient pas ou alors je tombais au mauvais moment. La préparation me permettait d’avoir une colonne vertébrale sur laquelle je pouvais me reposer, qui donnait la direction, et ensuite, autour de ça, je savais qu’il allait s’agréger plein de choses que je ne maîtrisais pas et que je ne voulais surtout pas maîtriser. Parfois, c’est quand on ne cherche pas qu’on trouve exactement ce qu’on cherchait sans le savoir ! Le vrai voyage commence quand on ne sait pas où l’on va. Je ne voulais surtout pas relier les points qui étaient posés sur la carte avec un emploi du temps réglé à l’avance. En voyageant comme ça, on ne peut pas honorer les bonnes surprises. Résultat : j’étais parti pour un an mais au final le voyage a duré un an et demi.

Il fallait aussi passer de longs épisodes de marche, très introspectifs, aux moments de rencontres, plus ou moins prévues…

Mathieu Mouillet : En effet, cela donne un voyage un peu bipolaire ! Il y avait des moments où j’étais vraiment immergé chez les gens qui me recevaient, très intenses ; et le reste du temps, je passais des journées entières à marcher seul, d’un point à un autre. C’était la partie contemplative du voyage et là, pour le coup, je ne rencontrais plus personne. À part sur le chemin de Compostelle où il y a beaucoup de marcheurs, partout ailleurs la diagonale du vide porte bien son nom. C’était la bonne mesure. La solitude fait aussi désirer le contact avec les autres, on savoure d’autant plus les moments où l’on croise des gens sur la route, même quand c’est pour discuter cinq minutes.

[…]

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Bivouac à la campagne. Photo Mathieu Mouillet

Qui est-il ?

En 2001, il est a parti à vélo pendant dix-huit mois à travers l’Asie, l’Amérique du Sud et l’Afrique enregistrer les musiques du monde. Depuis, Mathieu Mouillet n’a jamais cessé de voyager, préférant les voyages sans moteur et les rencontres aux destinations. De l’Irlande au Botswana, de Cuba à l’Ouzbekistan, il partage ses carnets de voyage sur son blog.  En 2015-2016, il traverse la France à pied à travers la diagonale du vide. En mars 2018, il publie le récit de son voyage La Diagonale du vide, un voyage exotique en France. C’est à la fois un carnet de route pour ceux qui veulent partir à l’aventure mais aussi pour tous ceux qui se posent des questions sur la manière dont les campagnes françaises réagissent et agissent face à un monde qui change.
Retrouvez des extraits exclusifs dans Oxytanie#5.


« Les plages sont aussi des milieux naturels »

Qui sont ces oiseaux qui nichent sur nos plages ?

Kattalin Fortuné-Sans, responsable du pôle biodiversité et gestion des espaces naturels au PNR de la Narbonnaise en Méditerranée : La plupart sont des oiseaux migrateurs, des espèces protégées de la famille des laro-limicoles qui passent l’hiver en Afrique et qui viennent se reproduire sur notre littoral à partir du mois de mai, où ils sont présents en général jusqu’à fin juillet. Trois mois, c’est court, mais cela correspond à la période où il y a le plus de monde sur les plages. Ce sont des oiseaux qui nichent sur le sable, à même le sol. Une sterne naine pèse 50 grammes, face à un chien ou un chat elle ne fait pas le poids !

« On résume trop souvent notre impact à la pollution de l’air et aux déchets et on oublie le dérangement. D’où l’importance d’outils comme la Météo des oiseaux pour montrer aux usagers du littoral l’impact qu’ils peuvent avoir malgré eux, surtout dans une période cruciale comme la reproduction »

Un humain qui s’approche, c’est aussi considéré comme un risque de prédation et l’oiseau quitte systématiquement le nid. Une fois dans la journée ça va, mais si c’est un endroit très fréquenté, ça compromet vraiment ses chances de reproduction. C’est toute la problématique du dérangement. Pareil pour les activités nautiques. Une aile de kitesurf qui passe au-dessus d’une colonie, et tous les oiseaux s’envolent instantanément.

C’est justement avec les pratiquants des sports de nature, nombreux sur le littoral audois, que vous avez créé la Météo des oiseaux. En quoi consiste-t-elle ?

L’initiative a débuté en 2015, impulsée par le Parc naturel et un amateur de sport de glisse ; on est parti du constat que si les riders étaient informés de leur impact sur ces oiseaux, ils adapteraient certainement leur pratique.

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Une avocette élégante. Photo G. Molléra (PNRNM)

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Vigilance aussi pour ramasser les déchets

Même pour ramasser les déchets, veillez à éviter si possible les « zones rouges » et à être vigilants. Ramassez les déchets polluants et laissez les matières organiques, celles qui sont notamment abandonnées par la mer en se retirant et qui forment la laisse de mer. C’est une barrière naturelle contre l’érosion et un habitat pour de nombreux organismes.

Consulter la Météo des oiseaux, avec la carte remise à jour toute les semaines.
Et sur Facebook, la page Météo des oiseaux, animée par le Pôle-relais lagunes.  Pour plus d’informations sur les neuf espèces concernées par l’outil, rendez-vous sur ici.


Le tourisme a son lab en Occitanie

Wild Immersion

La « première réserve virtuelle du monde » propose des expériences immersives en milieux sauvages. Plus qu’une activité ludique, il s’agit de stimuler l’empathie du public pour les espèces et les zones menacées et l’inciter à agir. Soutenue par la célèbre Jane Goodall, la start-up a aussi pour projet une application qui permettra aux utilisateurs de participer à l’achat de terres afin de les transformer en réserves protégées.

Happy House

C’est la première chaîne responsable d’hébergements touristiques. Contrairement aux grosses plateformes, elle ne prend pas de commission, et utilise le partage de données pour orienter ses clients vers des producteurs, des commerçants et des acteurs du tourisme local « pour que la valeur produite sur le territoire reste sur le territoire ».

Cirkwi

Avec 3 millions de lieux et activités touristiques recensés dans le monde, Cirkwi crée des circuits pour les particuliers et les professionnels qui souhaitent valoriser leurs offres et leurs destinations. Plus de 2 000 ont déjà fait appel à la start-up en plein boom, qui travaille sur un moteur de recherche, le futur « Google du tourisme ».

Murmuration

Murmuration utilise les données satellites pour aider les destinations touristiques à se développer durablement et atténuer la pression du sur-tourisme. Elle a mis au point une carte du monde interactive et environnementale où l’on peut évaluer l’état écologique du lieu qui nous intéresse. Elle est accessible au grand public sur le site flockeo.com.

Emmènetonchien.com

C’est déjà la plus grande communauté de « waoufers », les voyageurs avec chien. La start-up les met en relation avec des hébergements touristiques et des activités « dog-friendly » pour que partir en vacances avec son animal ne soit plus un problème.

Explore Games®

La start-up développe des jeux d’aventure qui mélangent applis numériques, éléments physiques et scénarisation poussée. Si les jeux de piste sont numériques, les défis sont bien réels !

 

Retrouvez d’autres start-up dans l’article consacré à l’Open Tourisme lab dans le numéro 5 d’Oxytanie.

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Le seul accélérateur de start-up dédié au tourisme

Le tourisme de demain s’imagine et se construit en Occitanie. Fondé il y a trois ans avec le soutien de la Région Occitanie et de Nîmes Métropole, l’Open Tourisme Lab est le seul accélérateur de start-up de France dédié au tourisme et à l’innovation. Il a déjà fait « décoller » une quarantaine de start-up, ces jeunes pousses à fort potentiel de croissance.


S'émerveiller et servir la connaissance scientifique

Peut-on vraiment observer des dauphins et des baleines tout près de nos côtes ?

C’est la question que tout le monde nous pose mais oui, bien sûr ! Il suffit de savoir où les chercher. Pour observer des mammifères marins, on n’a pas forcément besoin d’aller très loin. Ce n’est pas la distance qui compte, mais la profondeur. C’est elle qui va déterminer l’habitat dans lequel on se trouve et les espèces qui y vivent. En gros, il y a trois grands habitats au large. D’abord, le plateau continental, la zone que fréquentent la plupart des plaisanciers et les plongeurs, qui part en pente douce de 0 à 100 mètres. Il se trouve que dans les Pyrénées-Orientales, une espèce de mammifère marin fréquente de façon régulière le plateau continental, relativement long à cet endroit : le grand dauphin. C’est d’ailleurs le cœur de la population de grands dauphins en France.

Ensuite, il y a les canyons sous-marins, les zones de prédilection du cachalot ou du dauphin de Risso par exemple. Et enfin, la plaine abyssale, avec des profondeurs de 2 000 à 2 500 mètres. Là, on est vraiment dans le domaine du dauphin bleu et blanc, l’espèce de dauphin la plus abondante, et celui du rorqual commun, la baleine que l’on a en Méditerranée. C’est la deuxième plus grande espèce au monde après la baleine bleue, son plus proche cousin. Chez nous, ce sont des petits rorquals mais ils atteignent quand même 22 mètres de long pour 70 tonnes ! On arrive à observer au moins une espèce à chaque sortie ; on fait très rarement chou blanc.

« On met un point d’honneur à ce que ces sorties servent la connaissance. L’un sans l’autre, ça n’a pas de sens pour nous »

Vous emmenez en moyenne 4 500 personnes par an, depuis Canet-en-Roussillon, dans les Pyrénées-Orientales, Port-Vendres l’été, mais aussi Sanary-sur-Mer, dans le Var. Les mammifères marins fascinent-ils toujours autant ?

Paradoxalement, même s’il y a une déconnexion globale à la nature, ils attirent toujours autant oui, suffisamment en tout cas pour accepter de passer une journée entière sur un bateau pour partir au large ! Ce n’est pas commun comme sortie, en soi c’est déjà dépaysant. Pour nous, c’est un prétexte fabuleux pour emmener le public découvrir toute la faune du grand large en général, car c’est un habitat à part entière, comme la forêt par exemple ; mais comme il est inaccessible la plupart du temps, il reste très méconnu. Il faut déjà avoir les moyens d’y aller, et ensuite, être avec des guides qui pourront le décrypter. Pendant les croisières, on s’arrête pour observer et expliquer tout ce qu’on voit car contrairement aux idées reçues, il y a plein d’animaux : des tortues marines, des requins, des oiseaux marins, des thons, des espadons, des diables de mer, etc.

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Choisissez un croisiériste labellisé « High quality whale-watching »

En Méditerranée, « c’est une activité écotouristique qui croît de façon régulière et raisonnée depuis les années 90 ; cela reste une pression très acceptable. Découverte du Vivant est encore le seul opérateur à aller au large depuis les Pyrénées-Orientales », explique Aurélien Guay. Il y a une trentaine de croisiéristes pour toute la façade méditerranéenne française, dont la moitié sont labellisés « High quality whale-watching ». « Contrairement à d’autres labels, celui-ci n’a pas été dépouillé de son sens. Choisir un opérateur labellisé, ça garantit de partir avec des guides qui sont engagés, qui ont une certaine éthique, car c’est une démarche totalement volontaire. »

Plus d’infos sur les croisières de Découverte du vivant, au départ de Canet-en-Roussillon, Port-Vendres et Sanary-sur-Mer : www.decouverteduvivant.org

Plus d’infos sur le whale-watching et les opérateurs labellisés : www.whale-watching-label.com et www.souffleursdecume.com

 

Un dauphin bleu et blanc, l’espèce de dauphin la plus présente en Méditerranée.


Là-haut

Rendez-vous dans la forêt de Buzet, un îlot de verdure aux portes de Toulouse, à cheval sur les communes de Bessières, Buzet-sur-Tarn et Paulhac. Le conseil départemental de la Haute-Garonne y a aménagé des parcours balisés* pour les promeneurs. C’est là que nous attendent Fabrice et Guillaume, éducateurs grimpe d’arbres (EGA).

Casque sur la tête, visière anti-Covid qui bloque les postillons mais pas les larges sourires, les deux quadragénaires ont déjà commencé à tout installer. Ils ont jeté leur dévolu sur un chêne assez jeune (de 40 à 50 ans tout de même !) dont l’originalité est qu’il compte six troncs de bonne taille issus d’une souche plus ancienne, ce que l’on appelle une cépée. Celui-ci a aussi l’avantage d’être tout près du chemin, mais pas seulement. « On a vérifié qu’il était en bonne santé et que les branches n’étaient pas fragilisées. Cette partie de la forêt a presqu’entièrement brûlé il y a soixante ans ; il n’y a que des arbres jeunes ici. Mais vous allez voir, on n’a pas besoin d’aller dans les forêts profondes pour vivre une super expérience de grimpe », promet Fabrice.

Après dix-sept ans de carrière dans l’informatique et un burn-out, le Béarnais de souche a changé complètement de voie il y a quatre ans. « J’ai grandi à la campagne, j’ai toujours adoré être en pleine nature. Je suis arrivé à la grimpe d’arbres par la slackline, cette sangle que l’on fixe entre deux arbres et sur laquelle on marche en équilibre. Un jour, j’ai décidé de ne pas m’arrêter, j’ai continué dans l’arbre. Et depuis, je n’ai jamais cessé de grimper ! »

PARMI LES PREMIERS « ACCRO-BRANCHÉS »

Installé à Toulouse, il travaille avec les associations de la région comme celle de Guillaume, Libertree, basée près de Revel. Lui a découvert la grimpe d’arbres il y a une vingtaine d’années, juste après son master en écologie. « J’allais chercher des insectes en forêt pour des recherches en entomologie. La première année c’était au sol, et puis la deuxième, on m’a proposé d’aller en haut. Je me suis formé à la grimpe avec le Muséum d’histoire naturelle de Paris. Comme on a toujours besoin d’aller dans les arbres pour faire des prélèvements, j’ai continué à travailler avec différents bureaux d’études. Et puis je me suis dirigé vers la grimpe loisirs. »

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La grimpe d’arbres, pour qui ?

Pour tous ! Centres de loisirs, scolaires, familles, groupes d’amis, comités d’entreprise, personnes en situation de handicap… De 7 à 97 ans avec un éducateur grimpe d’arbres (EGA) pour huit participants, au maximum. Ce dernier peut aussi imaginer des animations et installations adaptées à vos projets et à vos envies : de la grimpe simple à des ateliers « sensationnels » (ponts de singe, tyroliennes, passages d’arbres en arbres, bivouac perché) ou sensoriels (les yeux bandés, pieds nus, etc). Pour des événements grand public et des spectacles, les grimpeurs peuvent aussi imaginer des scénographies suspendues (cinéma, musique…). Les EGA travaillent également avec des laboratoires de recherche en écologie comme l’Inrae* pour effectuer des prélèvements ou poser des nichoirs par exemple.

(*) Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, anciennement l’Inra, Institut national de la recherche agronomique.

Plus d’infos sur le site des EGA.

Guillaume, de l’association Libertree, basée à Revel.