Visite de la ferme de Salelles

Visite de la ferme de Salelles

Visitez la ferme de Salelles, qui produit en agriculture biologique du pain et du lait de brebis pour Roquefort Papillon. Exploitée par Léa, Ghislain et Nino, elle a été rachetée en 2014 par l’association Terre de liens.

Avec : Léa, une des trois exploitantes de la ferme.
Dates : Mardi 3 mars de 14h à 16h.

La ferme de Salelles, une classique du Sud Aveyron avec sa production de lait pour le Roquefort ? Pas tout à fait. Elle est exploitée par trois jeunes paysans, qui ont pris le relais de l’ancien propriétaire, pionnier du bio dans la région. Depuis 2014, la ferme appartient à l’association Terre de liens, un mouvement citoyen qui collecte des dons et de l’épargne avec lesquels il achète du foncier agricole pour le louer à des paysans engagés dans une démarche respectueuse de l’environnement. Une nouvelle façon de pratiquer et de vivre de l’agriculture.

« Ici, les terres sont sanctuarisées : elles sont agricoles une fois pour toutes. Tu sais qu’il y aura toujours des paysans derrière, tu n’imagines pas la motivation que ça donne. On n’a pas voulu être paysans pour être dans notre coin. Terre de liens, ça nous permet aussi d’échanger, d’expliquer aux gens comment on travaille. »

terredeliens.org/salelles.html

Contactez-les :

Tél. 07 89 33 55 76

Mail : leazinck@gmail.com

Salelles 12480 Saint-Izaire

Initiation à la permaculture

Initiation à la permaculture

Découvrez la permaculture au Jardin d’émerveille avec un cours de 2 heures. Les sujets abordés sont assez large : jardinage naturel, compostage et bouturage mais aussi design, santé ou communication… Après le cours, les personnes qui le désirent peuvent rester pour partager un repas sous forme d’auberge espagnole.

Avec : Rémi.
Dates : Mercredi 5 février 2020 et mercredi 4 mars 2020 de 10h à midi.

Dans ce jardin foisonnant de biodiversité et d’histoires, Rémi expérimente la vie, la nature, la permaculture, l’agroécologie, l’humanisme et toutes ces sciences du vivant qui le passionnent profondément. Le but de cette aventure est de pouvoir ensuite partager le plus largement et de toutes les manières possibles les résultats de ces expérimentations.

« N’attendez pas de tout savoir, c’est l’expérience qui vous apprendra. Moi je me suis planté pendant dix ans et je continue tous les jours. »

www.lejardindemerveille.net

Contactez-les :

Tél. 05 63 53 37 61

Mail : lejardindemerveille@gmail.com

Al Bartas, 81140 Vaour

Manger sain, c'est du gâteau !

Pâtisserie saine et locale. Voilà trois mots que l’on n’a pas l’habitude de voir ensemble. Ajoutez-y engagée, et vous avez pourtant KléZia : une pâtisserie qui s’est fixée pour objectif d’allier gourmandise, santé et circuits courts. « C’est vrai que je n’ai pas choisi la facilité », sourit Raphaëlle, l’âme et la cheville ouvrière de KléZia, qu’elle a créée il y a trois ans à Toulouse. Tablier bien serré autour de la taille, la jeune femme élabore ses recettes et réalise toutes ses douceurs elle-même dans sa cuisine-laboratoire de Flourens, au milieu de la verdure. « Mon travail dans la cosmétique ne me correspondait plus. J’avais envie de revendiquer des choses plus fortes, de m’exprimer, de revenir aux sources. Et naturellement ça m’a amenée vers l’alimentation. J’ai toujours aimé pâtisser pour le côté artistique, créatif. » Son CAP pâtisserie en poche, il lui a encore fallu plus d’un an de développement avant de lancer sa petite entreprise. « Je me suis démenée, j’ai tapé à toutes les portes. Au départ, je voulais surtout valoriser le patrimoine local, la qualité des ingrédients. Puis j’ai découvert le monde de l’indice glycémique et ça m’a totalement passionnée. Moi qui pensais bien m’alimenter, j’ai été surprise. » 

Investigatrice dans l’âme, la jeune femme creuse le sujet, se documente, rencontre des professionnels… Et finalement s’entoure d’une véritable équipe : naturopathes, diététicienne, psycho-nutritionniste, micro-nutritionniste. Objectif : prouver qu’on peut se faire plaisir, sainement.

Retrouver l’intégralité de l’article et une recette exclusive de KléZia dans le numéro #3 d’Oxytanie

L’info en +

L’indice glycémique

KléZia a fait de l’alimentation à indice glycémique (IG) bas son fil rouge. Mais concrètement, c’est quoi ? Avec des aliments à indice glycémique bas, l’élévation de la glycémie est douce, longue et progressive ; le glucose se diffusant au « compte-gouttes » dans le sang. Sans élévation puis chute brutale de la glycémie, on reste en forme plus longtemps, sans fatigue ni envie de manger. Contrairement aux aliments à IG haut, qui nous donnent un « coup de fouet » et nous incitent à manger plus que de besoin, avec un surplus de sucre non-utilisé qu’il va falloir stocker… À long terme, l’alimentation à IG bas nous préserve de la prise de poids, des maladies cardio-vasculaires ou encore du diabète.

Plus d’infos sur blog.klezia-patisserie.fr


La voix est libre

Retrouver l’intégralité du portfolio dans le numéro #3 d’Oxytanie

La Toulousaine Myrtille Visscher aborde les questionnements existentiels de sa génération en photographiant des alternatifs, des vies en marge. « Communautés Emmaüs », « Belle avec un seul sein », « Légers sur la Terre » ou encore « Iéto » sur les bals trad : retrouvez un aperçu de son travail sur www.myrtillevisscher.com


Sur les traces du bouquetin

Son pied ne tremble jamais. Comme ses protégés, ignorant le vertige, il est chez lui dans ces vallées rocailleuses des Pyrénées qu’il connaît par cœur mais qu’il parcourt toujours avec la même fascination. « La montagne n’est jamais la même. Elle est toujours splendide, surtout par mauvais temps ! », se justifie-t-il dans un sourire malicieux. Embauché au Parc national des Pyrénées en 1973 comme garde-moniteur, Jean-Paul Crampe a œuvré pendant trente ans à la réintroduction du bouquetin ibérique et, même à la retraite, il poursuit inlassablement sa mission.

Dès que la météo le permet, il s’empresse d’aller « toquer à leur porte », à plus de 2 000 mètres d’altitude. Ce jour-là, après plusieurs heures de marche dans la vallée du Marcadau, nous verrons bien quelques isards mais pas de bouquetins se jouant du vide sur les rochers, leur terrain de prédilection. Ils sont montés un peu plus haut, trop loin pour être observés. Pas de quoi doucher l’enthousiasme de notre guide, devenu au fil des années un des plus grands connaisseurs du capra pyrenaica, le nom scientifique du bouquetin ibérique. « Cette espèce m’étonne encore tous les jours. Elle est parfaitement adaptée à son milieu rupestre, d’une rusticité incroyable ! Quand il neige, alors qu’il est installé sur sa zone d’hivernage, contrairement à ce que j’avais pu imaginer, le bouquetin ne descend pas au plus bas des versants, il remonte même parfois pour prendre le soleil sur les rochers rapidement déneigés et manger les quelques végétaux qu’il peut y trouver. Dans son aire naturelle, qui couvre toute la péninsule ibérique, il s’adapte à des altitudes et des climats très différents, du bord de mer aux plus hautes cimes. L’hiver, quand le blizzard souffle à 100 km/h, qu’il fait moins 20 degrés, il est capable de rester là, sur sa vire rocheuse, pendant des heures, sans bouger. Il pratique une sorte d’hibernation en bougeant très peu pour économiser son énergie. Il peut perdre jusqu’à un tiers de son poids pendant l’hiver, qu’il reprendra rapidement au cours du printemps et de l’été suivant. Il est bâti pour ça. »

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Les huit principes de la permaculture selon Rémi

1. Une éthique

La permaculture, c’est d’abord une éthique, avec trois grands principes : prendre soin de l’humain, prendre soin de la nature et partager équitablement les surplus. « Ça veut dire qu’on garde juste ce dont on a besoin pour vivre et le reste on le partage. Mais limiter la permaculture à quelque chose de strictement agricole, c’est passer à côté de l’essentiel selon moi. Ce n’est pas une valise avec plein d’outils, ni des techniques ou des pratiques : c’est une philosophie globale, qui s’élargit à l’humain et peut servir dans tous les domaines. On peut faire une banque en permaculture ! » Politique ? « Sûrement, c’est une façon de faire de la politique, au sens premier du terme. »

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« Si on n’a pas les bonnes théories, on teste dans la nature les mauvaises questions »

Qu’est-ce qui rend la station de Moulis si unique et originale au niveau mondial ? 

En écologie, il n’y a pas d’autre station au monde qui fasse essentiellement de l’expérimentation et de la théorie, c’est une combinaison tout à fait particulière. Ce qui est remarquable, c’est aussi la combinaison d’équipements que nous avons dans la partie expérimentale, la plus importante, et dont certains sont uniques au monde comme les Métatrons.

D’où vient ce nom, Métatron ?

Méta, ça vient de métapopulation, un concept qui a été développé en 1969 et qui depuis s’est étendu très largement. Il s’agit d’un ensemble de populations connectées par des phénomènes de dispersion. Jean Clobert, à l’origine de la station dans sa forme actuelle, a beaucoup travaillé sur la dispersion et cela l’intéressait d’avoir des systèmes connectés pour l’étudier. En général, les chercheurs étudient la dispersion sur le terrain, en capturant et en marquant des individus. La plupart des systèmes expérimentaux en écologie sont de petite taille, pas avec des connexions explicites et contrôlées comme c’est le cas ici.

Pour ma part, d’un point de vue théorique, j’ai lancé les concepts de métacommunauté et de méta-écosystème… Avec Jean, on a toujours eu une bonne connexion (rires). Moulis ne travaille pas que sur la dispersion et les connexions spatiales entre écosystèmes, mais encore une fois c’est quelque chose qui nous distingue.

Vous, vous êtes un théoricien de l’écologie, une discipline qui reste peu connue…  

La théorie, en écologie, reste assez marginale ; ce n’est pas comme en physique, on a du mal à publier des études théoriques si elles ne sont pas couplées avec des observations, des données… Mais il y a beaucoup de chercheurs passionnés comme moi qui en ont fait leur spécialité. J’ai créé à Moulis le Centre de théorie et de modélisation de la biodiversité, qui n’a pas d’équivalent sur cette thématique et qui attire beaucoup de chercheurs. On a une approche à l’interface entre l’écologie des communautés, les interactions entre espèces, et l’écologie des écosystèmes, qui s’intéresse aux grands flux de matière et d’énergie. Et puis nous avons fait un pont vers les sociétés. Aujourd’hui, nous avons donc tout un pan de recherche sur les interactions entre Homme et nature qu’on explore de manière théorique, avec des modèles mathématiques, qui sont notre outil de travail principal.

« Le changement climatique va avoir des conséquences catastrophiques, mais on ne parle pas assez du principal objectif qui doit être de sauver le vivant »

Vous avez développé toute une nouvelle approche basée sur l’interaction entre biodiversité et fonctionnement de l’écosystème, en quoi cela consiste-t-il ?

Avec mon équipe, nous voulions avoir une réponse concrète à la question : Est-ce que si on perd des espèces les écosystèmes fonctionnent différemment ? On a commencé avec des expériences puis des modèles théoriques, et la réponse est positive : la biodiversité a un impact positif sur le fonctionnement des écosystèmes. Mais il nous faut encore travailler sur de nouveaux modèles, développer de nouvelles approches. Il y a encore plein de choses qu’on ne sait pas sur la façon dont les écosystèmes fonctionnent et dont ils vont répondre aux changements globaux ; ça reste une question fondamentale en écologie qui n’est pas résolue.

Pourquoi est-il important d’élaborer des théories ? 

Si on n’a pas les bonnes théories, on teste dans la nature les mauvaises questions ! Il faut essayer de trouver des principes généraux qui vont nous permettre ensuite de savoir ce qu’il faut chercher, expérimenter. La physique a des lois fondamentales comme celles de Newton. Nous, on essaye de faire la même chose pour les écosystèmes. On essaye par exemple de dégager des lois générales sur le rôle de la biodiversité dans le fonctionnement des écosystèmes, ou encore des tendances générales de l’avenir des sociétés en interaction avec la nature… C’est totalement différent des modèles climatiques qui essayent de prédire très précisément ce qui peut se passer ; nous on essaye d’explorer les scénarios possibles et on les applique à la situation que nous vivons parce que forcément, c’est de là que vient notre interrogation. C’est d’ailleurs une question essentielle aujourd’hui. Pendant longtemps notre société a proclamé que la nature n’était plus une contrainte, qu’on pouvait faire ce qu’on voulait, mais on voit bien aujourd’hui la crise environnementale que ça a provoqué.

Vous parlez du changement climatique ? 

Pas seulement. On est face à un problème de civilisation. Le changement climatique va avoir des conséquences catastrophiques, il n’y a aucun doute là-dessus, mais supposons qu’on règle la question du carbone et du climat, cela ne changerait rien au problème de fond. Est-ce qu’on continuerait à croître ? Les modèles montrent que oui. On va surexploiter les milieux naturels, la biodiversité risque de s’effondrer et nous aussi. On ne parle pas assez du principal objectif qui doit être de sauver le vivant.

Peut-on encore éviter le pire ? 

Les sociétés sont éventuellement capables de changer leur cours mais il y a une question de timing. S’il se fait, le mouvement de fond va prendre une ou deux générations, or dans deux générations, il sera peut-être trop tard. Ce n’est pas qu’une question des consciences qui bougent, mais à quelle vitesse elles bougent par rapport aux systèmes naturels. Car eux, ils ne nous attendent pas. Et si nous on ne passe pas à la vitesse supérieure, que va-t-il se passer ? C’est là qu’élaborer des scénarios prend tout son sens.

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Retrouvez d’autres portraits à la station de Moulis dans le numéro #3 d’Oxytanie

L’info en +

Un prix Nobel dans les rangs

Parmi les structures coopératives, les Scop sont les seules dont les membres associés sont les salariés. Rattachées au droit coopératif et au droit des sociétés commerciales, elles reposent sur un principe de démocratie d’entreprise et de priorité à la pérennité du projet. Les salariés associés participent aux grandes décisions stratégiques en assemblée générale selon le principe « 1 personne = 1 voix ». Co-entrepreneurs, ils sont associés au capital, aux décisions, aux résultats de l’entreprise et élisent leurs dirigeants.


Pour aller plus loin

La science grandeur nature

Grâce à des équipements uniques au monde, les chercheurs de la Station d’écologie théorique et expérimentale du CNRS, à Moulis, en Ariège, observent comment les espèces s'adaptent…

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L’élevage tout en douceur

Ancienne technicienne agricole, voyageuse et animatrice nature, Chloé s’est lancée en 2018 comme éleveuse bio à Céret, jolie commune entre mer et montagne qui l’a vue grandir. Dans ses pérégrinations, la jeune femme a découvert la saponification à froid et le délicat lait d’ânesse. Ce fut une révélation. « Travailler avec les animaux est pour moi une évidence depuis toujours. L’âne, c’est un animal rustique, adapté aux climats chauds et secs, idéal pour la végétation méditerranéenne du Vallespir. » Le bien-être animal est au cœur de la démarche de Chloé. Les ânons ne sont jamais séparés de leur mère. Les trois premiers mois, le lait leur est entièrement laissé. Puis la traite commence. Les mères sont progressivement séparées de leur petit jusqu’à atteindre six heures par jour. Elles sont alors traites pour obtenir un demi-litre à un litre de lait par jour avant de retrouver leur progéniture.

Une fois les ânons sevrés (après plus d’un an !) les ânesses sont laissées au repos pendant une année : elles pâturent tranquillement et entretiennent le paysage. « J’augmente progressivement mon cheptel de façon à avoir deux ânesses en lactation chaque année, deux en gestation et deux au repos pour ne pas les épuiser. » Par la suite, parmi ses nombreux projets, Chloé aimerait organiser des balades. « L’emblème catalan jouit d’une très grande sympathie. Et surtout, les ânes sont d’une extrême gentillesse », remarque-t-elle.

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La science grandeur nature

Laurane et la dispersion des lézards

Cela ressemble à un labyrinthe mais en réalité il s’agit d’un équipement scientifique unique au monde :  un ensemble de cages reliées entre elles et à l’intérieur desquelles on impose certaines conditions de température, d’humidité et de rayonnement solaire, tout cela contrôlé à distance. « C’est l’intérêt numéro 1 du Métatron : on peut manipuler le climat à grande échelle. Dans la nature, il est impossible d’isoler des facteurs comme le réchauffement climatique sans avoir ce que l’on appelle des facteurs confondants. » Ici, les 2 degrés de plus prévus dans cinquante ans sont déjà une réalité. Enfin, pas tout à fait : seulement dans la moitié des cages en activité. Car l’objectif, c’est de voir comment les espèces animales réagissent au changement climatique mais aussi quelle va être leur réaction : soient elles s’adaptent, soit elles meurent, soit elles dispersent. La dispersion, c’est l’objet d’étude de Laurane, post doctorante à Moulis depuis l’année dernière. Et l’espèce de prédilection de cette jeune Belge de 33 ans, c’est le lézard vivipare, « un très bon modèle d’étude» car il est très sensible aux changements environnementaux. « Les dernières années d’études ont montré qu’avec une température supérieure de 2 degrés, il y a une accélération du cycle de vie : ils se reproduisent et meurent plus tôt. »

Chercheuse d’eau douce

Aussi inédit et spectaculaire que son prédécesseur terrestre, voici le Métatron aquatique, un réseau complexe de petites mares interconnectées. Des micro-organismes (zoo et phytoplancton), micro-invertébrés (mollusques, amphipodes crustacés) et poissons de petite taille ont élu domicile dans les grandes cuves bleues, mises en service il y a quelques mois, où il est possible « d’imiter » les écosystèmes naturels. Le dispositif permet d’étudier des écosystèmes complets par bassin ou rivière, et de les répliquer de nombreuses fois. On peut y observer les effets conjoints du réchauffement climatique et de la fragmentation des habitats sur la biodiversité des écosystèmes et leur fonctionnement.

Michèle et ses « petites bestioles »

Bienvenue dans le monde de l’infiniment petit. Ici, c’est le domaine de Michèle Huet, assistante ingénieur. Responsable des plateaux techniques de Moulis, dont elle a œuvré à la création dès 2007, elle participe à ce titre à de nombreux travaux de recherche. En ce moment, une quinzaine de chercheurs se relaient au laboratoire pour utiliser les instruments de pointe que Michèle connaît comme personne. Mais ce qui fascine plus que tout cette originaire des Ardennes, ce sont les protistes, des organismes unicellulaires bien trop petits pour être vus à l’œil nu. Il en existe de nombreuses espèces : des micro-champignons, des amibes, des ciliés ou encore des micro-algues qui appartiennent au règne végétal. « Ces micro-organismes sont notamment retrouvés dans le plancton », précise-t-elle. Ce qui intéresse particulièrement les scientifiques de Moulis, c’est leur comportement. « Certains de ces organismes sont très connus en génétique mais pas en écologie. On connaît assez bien le génome de certains protistes, mais peu leur rôle dans la nature. »

Retrouver l’intégralité des articles dans le numéro #3 d’Oxytanie, ainsi que l’interview du théoricien Michel Loreau.


Pour aller plus loin

« Si on n’a pas les bonnes théories, on teste dans la nature les mauvaises questions »

Directeur de la station de Moulis depuis 2018, le théoricien Michel Loreau mène depuis plus de vingt ans des travaux remarqués sur les conséquences écologiques et sociétales de…

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Auprès de mon arbre

Laissant la magnifique vallée d’Arbas en contrebas, la petite route sinueuse s’enfonce dans la forêt. Le ciel s’est assombri en fin de matinée, la brume se lève. Destination le parking de la Fontaine de l’ours, à 1 000 mètres d’altitude, un point de départ bien connu des randonneurs. Mais les visiteurs du jour, s’ils sont équipés de bâtons et bien chaussés, ne sont pas venus pour marcher. Ils sont venus « rencontrer la forêt » comme l’explique joliment Élia Conte Douette, qui les accompagne. Dans ce bois d’exception, inexploité depuis un demi-siècle, la municipalité d’Arbas vient de créer la première forêt cinéraire de France. Un site funéraire où l’on peut réserver une concession, comme dans un cimetière, sauf que celui-ci est isolé et dans un milieu totalement naturel : les défunts reposent au pied d’un arbre dans une urne semi-enterrée ou posée à même le sol ou la roche. À l’heure où nous écrivions ces lignes, la mairie attendait toujours le feu vert de l’État pour organiser les premières cérémonies.

L’idée de cette forêt est née dans l’esprit d’Élia il y a plus de trois ans, après une vingtaine d’années à accompagner les territoires dans le développement durable. « Je voulais proposer une alternative écologique et spirituelle, une autre façon de vivre le deuil en offrant aux familles un lieu de mémoire en pleine nature. Il existe bien la dispersion des cendres, mais elle ne convient pas à tout le monde. Pour de nombreuses personnes, il est important d’avoir un lieu où se recueillir. » Son projet reçoit un accueil enthousiaste à Arbas, qui va s’inspirer de ce qui se fait dans d’autres pays, en Allemagne surtout. Élia, elle, suit une formation pour devenir opératrice funéraire et crée sa société, Cime’Tree, à la croisée de ses valeurs humaines et écologiques. C’est à ce titre qu’elle accompagne les familles aujourd’hui. Dans un éclat de rire, elle nous rassure : « Je suis quelqu’un qui aime la vie ! J’ai toujours travaillé dans l’environnement, le développement durable ; pour moi c’est dans la continuité. Et plus j’approfondis, plus ça fait sens. »

Après quelques minutes de marche, un panneau marque l’entrée de la forêt, qui s’étend sur un peu plus d’un hectare, en contrebas. Le petit groupe avance prudemment, chacun à son rythme, avec plus ou moins de solennité.

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L’info en +

D’autres communes intéressées

Encore préservée dans son écrin de verdure, ce n’est pas un hasard si Arbas a accepté d’accueillir ce site pilote en France. Ses habitants ont d’ailleurs été les premiers à réserver des concessions. Si la commune s’est fait remarquer dans son engagement pour la préservation de l’ours, elle a la fibre écologique depuis très longtemps. La forêt cinéraire, à l’image de la préservation de l’ours, c’est un projet de territoire qu’il a fallu co-construire avec les élus, les forestiers et les chasseurs.
Mi-novembre, la sous-préfecture n’avait toujours pas donné son accord au projet. En attendant, signe de l’engouement pour ces nouvelles pratiques funéraires, d’autres communes se sont déjà montrées intéressées pour créer une forêt cinéraire sur leur territoire. Plusieurs ont déjà contacté Élia pour les accompagner.